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Lutte d'influence entre l'UE et la Russie en Ukraine

Revue de presse 25.02.2014

"Il me semble que c'est une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte " a lancé hier Dmitri Medvedev, Premier ministre russe [Le Point]. La presse revient aujourd'hui sur les critiques russes vis-à-vis de l'UE qui soutient le nouveau gouvernement ukrainien de transition et qui a proposé à nouveau à l'Ukraine la conclusion d'un accord commercial de partenariat.

Vladimir Poutine UE Ukraine

"Ukraine : le bras de fer UE-Russie continue" titre Le Point. La Russie et l'UE s'affrontent en effet sur les nouvelles bases politiques de l'Ukraine, après la chute de Viktor Ianoukovitch, inculpé pour "meurtres en masse" et toujours introuvable [Libération]. "A l'Est de l'Europe, 2014 n'est pas 1989" précise à toutes fins utiles le journaliste Yves-Michel Riols [Le Monde].

"Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques noirs et des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement" a déclaré le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, critiquant les Européens et leurs "calculs géopolitiques unilatéraux" [Le Figaro]. Le Kremlin ne conçoit pas, en effet, que les gouvernements polonais, français, allemand, américain et l'UE aient reconnu la légitimité du nouveau pouvoir ukrainien. "Nous ne comprenons pas ce qui se passe là-bas. Il y a une réelle menace pour nos intérêts et pour la vie de nos concitoyens" a également expliqué le Premier ministre russe [Le Figaro]. Moscou a en effet dénoncé des "méthodes dictatoriales" et "terroristes" en Ukraine [L'Express].

Alors que l'UE a remis sur la table sa proposition à l'Ukraine d'un accord de partenariat commercial et d'investissement, Le Figaro indique que "Moscou brandit la menace protectionniste" : les droits de douane sur les produits ukrainiens entrant en Russie subiraient une augmentation en cas de rapprochement avec l'UE. Les Echos reviennent sur l'offensive russe et la décryptent comme étant une méthode pour "sauver la face". Les manœuvres russes ont également donné lieu au rappel de l'ambassadeur russe en Ukraine [Le Parisien] "en raison de l'escalade de la situation en Ukraine et de la nécessité d'analyser la situation actuelle sous tous ses aspects" a expliqué le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué. Evoquant des "moyens de pression limités", Moscou n'aurait en effet plus autant d'atouts dans ses relations avec l'Ukraine et craint la propagation de l'instabilité. Le Monde parle aussi de cette "marge de manœuvre réduite" que possède Vladimir Poutine.

La Russie s'appuie aujourd'hui sur deux moyens de pression : le soutien dont elle jouit dans l'est de l'Ukraine, en Crimée, région russophone et russophile et l'aide économique qu'elle a promise à l'Ukraine. Le versement de la deuxième tranche de 2 milliards reprendra "dès que nous saurons qui sont nos interlocuteurs" a souligné le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukaev [Les Echos].

Le rapprochement entre l'Ukraine et l'UE ne serait toutefois pas précurseur d'une intégration du pays dans l'UE souligne L'Express qui indique que "l'UE marche sur des œufs". Une information que reprend Le Point qui précise que "la perspective d'une pleine intégration de l'Ukraine n'est plus à l'ordre du jour", notamment pour la simple et bonne raison que "l'UE veut désormais éviter toute provocation" par rapport à la Russie, indique un diplomate européen. Une Europe "prudente" également sur le plan de l'aide financière promise [Les Echos].

La volonté de l'UE de ménager la Russie est illustrée par l'entretien téléphonique entre François Hollande et Vladimir Poutine hier, au cours duquel le chef d'Etat français a insisté sur la "nécessité d'une transition pacifique" et l'importance de veiller à "l'unité et l'intégrité territoriale du pays" [Le Point]. "L'Union européenne et la Russie doivent travailler ensemble en ce sens" a également plaidé le président français [Les Echos].

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