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Lutte contre le terrorisme : L’Europe accélère son calendrier

Revue de presse 19.11.2015

Une semaine se sera bientôt écoulée depuis les événements survenus à Paris. L'Union européenne est décriée de façon virulente sur les mécanismes de contrôle des frontières et de partage des renseignements et annonce de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme. Des décisions qui ne seront sans doute pas suffisantes au regard des demandes formulées par tous les bords de la classe politique. Cependant, bien qu'offrant leur soutien, les chefs d'Etat européens refusent dans leur majorité de se déclarer en guerre.

Participation de Jean-Claude Juncker, président de la CE, et Federica Mogherini, vice-présidente de la CE, à la cérémonie commémorative organisée au PE en hommage aux victimes des attentats terroristes à Paris

La plus violente critique envers le système européen porte sur le fonctionnement de l'espace Schengen, qui n'est "pas une forteresse" selon RTL. Le site explique que "le scan des documents n'est en effet pas systématique. […] L'Europe n'est pas entourée d'un barbelé, il suffit de déjouer les patrouilles de Frontex, qui ne sont pas assez nombreuses".

Le Figaro enfonce le clou et insiste sur les "'béances' des contrôles aux frontières de l'Europe". Le quotidien dénonce l'inefficacité d'Eurodac, l"'outil qui permet de 'relocaliser' efficacement les migrants dans les pays où ils souhaitent se rendre, [qui] n'est pas utilisable par les forces de l'ordre européennes".

"Abaaoud, le jihad sans frontières", titre Libération, qui souligne "l’un des principaux paradoxes de la lutte antiterroriste au niveau européen : contrairement aux individus, qui circulent librement à l’intérieur de l’espace Schengen, les informations détenues par les services de renseignement restent très largement bloquées aux frontières".

Une critique également formulée par Guy Verhofstadt : le chef de file du groupe des libéraux au Parlement européen (ALDE) estime que "la coopération des services des renseignements est un échec. […] Donc soit on fait un échange obligatoire des renseignements, entre les systèmes nationaux, soit on crée une structure européenne", rapporte Euractiv.

En réponse à ces critiques, "la Commission européenne a adopté mercredi une série de propositions législatives pour renforcer le contrôle des armes à feu" [Libération].

Dans le même temps, "l'UE se focalise sur la sécurité dans ses relations avec ses voisins". Courrier international s'intéresse aux propos de Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, qui souhaite "mettre la coopération sécuritaire au cœur de sa 'politique de voisinage' […] sans oublier le développement économique et l'emploi des jeunes".

C'est justement sur les jeunes que portera le rapport que compte présenter l'eurodéputée Rachida Dati la semaine prochaine, lors de la plénière du Parlement européen, visant à lutter contre la "propagande en ligne", analyse l'Opinion.

D'autres éléments de réformes sont attendus. D'après Les Echos, "l’Union européenne renforce sa législation antiterroriste", des propositions seront présentées à la fin du mois pour une  "entrée en vigueur dans les deux premiers mois de 2016".

Le Conseil et la Commission promettent également une accélération des discussions sur le PNR. Le Monde rappelle que "le projet de directive a finalement été approuvé cet été par la commission des libertés du Parlement, qui l’avait longtemps bloqué. Mais cette version finalisée est en retrait par rapport au souhait de plusieurs Etats, dont la France".

Pour La Tribune, cela pourrait ne pas suffire aux yeux de la France, qui "va demander ce vendredi à Bruxelles, dans le cadre de la réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur de l'UE, un renforcement des contrôles des passeports aux frontières".

Les Européens sont inquiets, mais Le Monde estime qu'ils "ne se sentent pas en guerre", en réaction notamment à l'appel de François Hollande. Ainsi, Federica Mogherini "a bien précisé qu’elle se contenterait de coordonner les demandes d’assistance de la France", tandis que Matteo Renzi insistait mardi : "l’Italie [n'est] pas en guerre". Il en va de même pour "le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy".

Dans leur très grande majorité, les Etats membres soutiennent la France mais refusent de se déclarer "en guerre", si ce n'est pour les Etats du groupe de Višegrad qui "estiment leurs craintes validées et n’ont donc pas d’hésitation à s’aligner sur la rhétorique guerrière de François Hollande" [Le Monde].

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