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Liste des réformes grecques : capitulation ou compromis ?

Revue de presse 25.02.2015

La liste des réformes grecques présentées hier a été acceptée par l'Eurogroupe, permettant un premier pas vers le rallongement du plan d'aide de quatre mois. Reste maintenant, pour certains Etats, à la faire ratifier par leur Parlement. Pour beaucoup, cet accord ne représente qu'une première étape dans le difficile chemin de la Grèce vers son redressement économique.

Alexis Tsipras

"Le premier épisode de la nouvelle saison du feuilleton grec est enfin terminé, en attendant la suite", annoncent Les Échos. Pour le site du quotidien, "Athènes a dû en rabattre sur une partie de ses ambitions de réformes pour obtenir l’extension du plan d’aide européen", mais "les Grecs n’ont toutefois pas complètement capitulé". "Il faut d’abord relever tout ce qu’il n’y a pas dans ce document, à savoir les nouvelles mesures d’austérité qui étaient réclamées fin 2014 et qui ne sont plus évoquées", signalent Les Échos.

Pour Le Figaro, "la Grèce a décroché un pâle satisfecit pour son premier test de retour à la discipline de la monnaie commune". "L'Eurogroupe a jugé 'suffisamment détaillée' une liste attendue de mesures à prendre, mais il a aussitôt demandé qu'elle soit élargie et approfondie", souligne le site du quotidien. L'éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro n'est toujours pas sortie des esprits et on assiste au contraire à son "inquiétante banalisation", affirme Le Monde. Le journal explique que "la zone euro s’est dotée de pare-feu financiers, tels que le Mécanisme européen de stabilité (MES) ou les programmes de rachats de dette publique de la Banque centrale européenne", mais que le coût du Grexit "ne serait pas nul, même si la panique financière serait évitée" et que "l’union monétaire elle-même deviendrait le repoussoir".

Romaric Godin, de La Tribune, estime que qualifier la liste des réformes d'"abandon pur et simple des promesses de Syriza [est] une conclusion qui semble bien hâtive". Plusieurs points de la liste figuraient dans le programme de Syriza : "l'amélioration des rentrées fiscales et sa juste répartition" correspond à "la promotion de la justice sociale", "la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale est une lutte contre l'oligarchie" et la réforme de l'administration "est en accord complet" avec la promesse d'une "plus grande transparence de l'administration", détaille le journaliste. Il reconnaît toutefois une "trahison partielle sur les privatisations", mais souligne que le "plan de gestion de la crise humanitaire" a été accepté.

"Alexis Tsipras ne va pas résoudre sur le champ la crise de son pays, (…) mais les Grecs sont satisfaits : voilà enfin un gouvernement qui s'est rebellé face à Bruxelles", note Courrier international/Die Zeit. Euronews observe, quant à lui, que "la bourse d’Athènes salue le programme de réformes grec validé hier par l’Eurogroupe. Un accord de principe qui a permis au marché grec de bondir de près de 10 %".

"Cette nouvelle étape franchie ne signifie pas pour autant que la partie est gagnée pour Athènes, loin de là", met en garde Le Monde. "L'extension du programme grec pour les quatre prochains mois ne sera en effet définitive qu'après l'accord individuel des dix-neuf gouvernements de la zone euro, dont certains doivent mettre au vote au Parlement cette décision", explique le site du quotidien. "Pour le premier ministre Alexis Tsipras, l'exercice d'équilibrisme tend du coup à la haute voltige", analyse Le Monde.

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