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Les tensions entre la Russie et l'Occident font rage depuis l'accord de Genève

Revue de presse 22.04.2014

"La Russie est indignée par cette provocation des combattants qui témoigne de l’absence de bonne volonté des autorités de Kiev pour réfréner et désarmer les nationalistes et les extrémistes", s'est exprimé dimanche Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. L'attaque meurtrière intervenue dimanche révèle la persistance du conflit, malgré les objectifs d'apaisement de l'accord de Genève signé jeudi entre la Russie, l'Ukraine, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Soldats russes en Crimée

L'échec de l'accord intervient alors qu'une fusillade a éclaté dimanche soir dans l'Est du pays [Le Figaro]. Les accusations fusent de part et d'autre sur la responsabilité de cette flambée des violences. La Croix parle de "guerre de propagande" entre prorusses et autorités ukrainiennes. Dans Le Monde, l'historien Timothy Snyder déconstruit les arguments du régime russe pour légitimer un rapprochement entre l'Ukraine et la Russie : "la propagande russe a fourni une justification des tactiques russes et défini un rêve russe pour l'Ukraine. Mais, à terme, la propagande est tout ce qui unit les tactiques et le rêve, et l'unité se révèle un vœu pieux". Le Journal du Dimanche indiquait dimanche que la désescalade promise par le texte n'était pas encore devenue réalité, puisque dans la région du Donbass, les bâtiments occupés n'ont pas été rendus, les armes non plus, et les séparatistes ne reconnaissent pas l'accord [Libération].

Suite à ce regain d'affrontements, la Russie accuse les autorités ukrainiennes de ne pas respecter l'accord de Genève. "Des mesures sont en train d'être prises, avant tout par ceux qui se sont emparés du pouvoir à Kiev, qui non seulement ne respectent pas mais enfreignent grossièrement l'accord de Genève" a déclaré hier Sergueï Lavrov [La Tribune].

L'accord de Genève fait-il partie du plan de Vladimir Poutine ? Selon la journaliste Laure Mandeville, "maints experts à Washington soulignent que les dés étaient pipés d'avance, la Russie ayant orchestré depuis le début la déstabilisation rampante du pays, et n'ayant donc aucun intérêt à ce qu'elle cesse" [Le Figaro]. C'est également l'idée que relaye Libération, qui revient sur la stratégie russe d'extension de sa sphère d'influence.

Alors que Moscou appelle Kiev et ses alliés à garantir le respect de l'accord, Joe Biden, vice-président américain, est en déplacement dans la capitale ukrainienne depuis hier afin de soutenir l'intégrité territoriale du pays. Outre le déploiement de soldats américains en Pologne et dans les pays baltes, ainsi que la menace de nouvelles sanctions, cette visite fait apparaître la recherche d'une riposte américaine efficace face à la stratégie de Vladimir Poutine, indique Le Figaro. Mais "les tentatives d’isoler la Russie sont vaines, car isoler la Russie du reste du monde est impossible" a averti Sergueï Lavrov [Les Echos]. Une rencontre est prévue aujourd'hui entre Joe Biden et les président et Premier ministre ukrainiens.

Malgré l'aggravation des tensions, il n'y aurait toutefois pas de risque pour l'approvisionnement de l'UE en gaz russe, selon le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger [La Tribune]. Le sujet de l'énergie est d'ailleurs épineux, et divise les partis au sein du Parlement européen, comme le révèle le vote d'une résolution concernant le projet de gazoduc South Stream [Euractiv].

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