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Les candidats à la présidence de la Commission européenne en campagne contre l’euroscepticisme

Revue de presse 29.04.2014

Hier soir, à l’université de Maastricht, quatre des cinq candidats à la présidence de la Commission européenne ont participé à un premier débat. Au programme : l’économie, les affaires étrangères et le futur de l’Union européenne. D’ici au 15 mai, les différents partis politiques auront fort à faire pour inverser la progression du populisme et de l’euroscepticisme. D’autant que la campagne pour les Européennes ne fait pas vraiment recette. Le grand débat du 15 mai pourrait en effet ne pas être diffusé sur France Télévisions.

Schulz, Juncker, Verhofstadt, Keller, Bové, Tsipras

Le débat du lundi 28 avril, c’est Euronews qui l’a retransmis. Dans la ville hautement symbolique de Maastricht, Martin Schulz, candidat des socialistes européens, Jean-Claude Juncker, représentant du Parti populaire européen, le libéral et fédéraliste Guy Verhofstadt et Ska Keller, candidate des verts européens, se sont affrontés pour la première fois. Seul Alexis Tsipras, non disponible, et José Bové, colistier de Ska Keller, manquaient à l’appel [Nouvel Obs]. Si plusieurs thèmes ont été abordés, c’est bien celui de l’économie et de l’emploi qui a prévalu.

"Le plus gros problème pour les entreprises est de créer des emplois dans des pays à fort taux de chômage. Les jeunes doivent bénéficier de privilèges sur les taux d’intérêt et la durée de remboursement", a exposé Martin Schulz. Pour Jean-Claude Juncker, la priorité doit plutôt être donnée à l’économie numérique et à la "lutte contre le dumping social". Une dimension sociale sur laquelle Ska Keller n’a pas manqué de rebondir : "il faut créer des emplois de qualité car il ne s’agit pas seulement de travail, les gens ont besoin d’emplois qui leur donnent des perspectives et dans lesquels ils ne sont pas exploités" [Euronews].

Pour l’heure, rappelle le Point, les socialistes et démocrates sont au coude à coude avec le Parti populaire européen. Et il est plus que probable qu’aucun parti n’obtienne à lui seul la majorité des sièges. Une situation qui rend incertaine l’issue de l’élection et qui pourrait profiter au quatrième candidat présent hier, Guy Verhofstadt. L’ancien Premier ministre belge entend, s’il est élu, "jouer offensif" et utiliser à plein le droit d’initiative dont dispose le président de la Commission européenne. Chose que n’a pas fait José Manuel Barroso au cours de ses deux mandats, a-t-il dénoncé.

L’ensemble des candidats à la présidence de la Commission ne devront pas ménager leurs efforts au cours du mois de mai, car les partis populistes, eurosceptiques et/ou d’extrême droite sont appelés à un succès historique. A la faveur de l’abstention et d’un désaveu croissant vis-à-vis des gouvernements et des institutions européennes, leur nombre pourrait atteindre les 200 eurodéputés, estime La Croix. Une position que partage Le Monde et qui s’explique, selon le quotidien, par le fait que ces partis sont les seuls à offrir une alternative politique forte. "Les pays sont unis dans le désamour, pas pour les mêmes raisons mais autour d’un même thème : ‘Bruxelles contre les peuples’", explique ainsi Yves Bertoncini, directeur du think tank Notre Europe-Institut Jacques Delors.

Et ce n’est pas le probable refus de France Télévisions de diffuser sur ses antennes le grand débat européen du 15 mai qui devrait permettre de freiner l’abstention ou le désintérêt de l’Europe. De très nombreux eurodéputés verts, socialistes, centristes et, dans une moindre mesure, de l’UMP ont donc cosigné une tribune parue dans le Huffington Post afin de demander au service public de diffuser ce débat à une heure de grande écoute et de ne pas se contenter d’une simple retransmission sur Internet. "Il est primordial que le Quatrième pouvoir joue pleinement le jeu en ces temps de disharmonie entre citoyens et Union européenne", ont-ils écrit. Pour le moment, France Télévisions privilégierait l’organisation de débats "maisons", avec seulement des personnalités françaises.

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