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Les 3 millions de réfugiés attendus en Europe auront un impact "positif" sur l'économie, selon la Commission

Revue de presse 06.11.2015

Comme chaque semestre, la Commission européenne a publié aujourd'hui ses prévisions économiques pour l'ensemble de l'Union européenne. Mais pour la première fois, elle y évalue les effets de l'immigration sur l'économie.

Impact faible mais positif des 3 millions de réfugiés

"Après un million de réfugiés cette année, la Commission européenne estime qu’un million et demi arriveront l’an prochain et 500 000 en 2017". Or "loin de créer du chômage (…), l’afflux massif de réfugiés devrait (…) représenter entre 0,14 et 0,25 % de gain de croissance" pour l'ensemble de l'Union européenne [RFI].

Cette évaluation "vient combattre un certain nombre d'idées reçues", a souligné le commissaire français Pierre Moscovici, évoquant notamment les craintes soulevées "d'un impact négatif sur la croissance ou d'évictions sur le marché du travail" [Le Point/AFP]

Pour la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), le tableau semble plus contrasté, l'impact de la présence des migrants n'étant pas uniforme selon les pays [Capital]. Une inégalité confirmée par M. Moscovici, qui estime que "cet effet positif dépendrait des politiques d'intégration pour faciliter l'accès au marché du travail. Et bien entendu, il serait 'plus important pour les pays d'accueil'" [Le Point/AFP].

Toutefois, conclut la Commission, "les dépenses publiques supplémentaires estimées liées à l'arrivée de demandeurs d'asile sont limitées pour la plupart des Etats membres" [Capital].

Sans surprise, des membres des Républicains et du Front national se sont déjà inquiétés, "dans des communiqués et tweets séparés (…) de l'arrivée de trois millions de migrants (…) d'ici à 2017" [L'Express/AFP].

D'autres pays européens "annoncent déjà qu’ils sont débordés, comme la Suède, l’eldorado à l’accueil généreux, qui assure qu’elle ne peut plus garantir un logement à tous les migrants", tandis que "le Premier ministre grec admet que la Grèce ne peut plus faire face. Il y a quelques jours il disait sa honte devant la gestion de l’UE. Une Union européenne débordée, qui peine à partager entre les 28 la charge de l’accueil des réfugiés" [Euronews].

Or le Haut-Commissariat aux réfugiés "considère maintenant que des pays comme l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, l’Italie, le Monténégro, la Roumanie et le Kosovo risquent à leur tour d’être affectés par cette crise migratoire, un mouvement de populations qui ne s’était pas produit en Europe depuis 1945" [Le Monde].

En Allemagne, "le débat s'est en tout cas ouvert" [Le Point/AFP]. "Certains voient comme une aubaine cette arrivée de main-d'œuvre jeune dans un pays de plus en plus grisonnant, d'autres estiment en revanche leur poids trop lourd pour les finances publiques, qui sont excédentaires et devraient le rester sur les deux prochaines années, selon Bruxelles". Selon des statistiques publiées hier, le pays se rapproche en effet du million de migrants arrivés depuis le début de l'année [RFI].

Pour faire face à cette arrivée massive, le gouvernement allemand vient en tout cas de prendre de nouvelles mesures. Après des semaines de dissensions, la chancelière Angela Merkel, son allié bavarois Horst Seehofer et son vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel se sont entendus hier sur une procédure accélérée pour les demandeurs d'asile venant de pays sûrs, dont les chances sont des plus minces.

Trois à cinq centres d'enregistrement pour les demandeurs d'asile seront ainsi installés en Allemagne. Ils seront "répartis sur l'ensemble du territoire, et non implantés aux frontières comme le souhaitait la CSU. Pas de détention, mais une obligation de résidence et des menaces de suspension des services sociaux en cas de non-respect des consignes", indique la Deutsche Welle, média audiovisuel allemand.

Les socio-démocrates, qui craignaient "un durcissement des politiques d'asile difficilement réversible, une fois la crise passée" [Deutsche Welle] s'opposaient en effet à une solution jugée carcérale. Les réfugiés concernés auront cependant "l'obligation de ne pas quitter la ville ou le canton où ils se trouveront, ils perdraient sinon les prestations versées aux demandeurs d'asile et verraient la procédure les concernant remise en cause" [RFI].

"En revanche, les chrétiens-démocrates obtiennent gain de cause sur l'accélération des procédures pour certains demandeurs d'asile", note RFI. "Les intéressés verraient leur dossier réglé 'en trois semaines' par ces structures - une semaine pour la décision, deux pour les recours en justice - avant un éventuel renvoi vers leur pays d'origine" [Le Point/AFP].

Alors qu'Angela Merkel "est de plus en plus critiquée dans son pays pour sa politique de la porte ouverte aux réfugiés", le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a assuré que Berlin était "en mesure de faire face" à ce défi et que ses finances publiques ne sont pas menacées [Le Point/AFP].

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a quant à lui salué hier la "contribution énorme" de l'Allemagne à l'effort européen sur la crise migratoire. "De tous les pays européens, l’Allemagne est celui qui accueille le plus de réfugiés", rappelle Euronews.

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