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Le pape au Parlement européen, entre curiosité et rejet

Revue de presse 25.11.2014

Le Parlement européen reçoit aujourd'hui le pape François pour une visite éclair. La venue de ce représentant religieux suscite le débat, mais attise surtout la curiosité.

Le pape François et Martin Schulz

Devant les députés européens, le souverain pontife va "poursuivre son adresse très engagée à la vieille Europe parce qu'il la juge 'fatiguée'", explique Le Figaro. Il avait annoncé, le 15 juin, à propos de l'Union européenne : "nous devons l’aider à rajeunir, à retrouver ses racines". Le site du quotidien ajoute qu'il faut s'attendre "à des éléments forts, concrets et sociaux dans les deux discours de François qu'il a préparés directement - fait exceptionnel - avec le président social-démocrate du Parlement européen, Martin Schulz".

Pour Le Monde, "l’Eglise catholique considère être intimement mêlée à la construction européenne". Cela se confirme par les déclarations du cardinal Reinhard Marx, qui affirme qu'"avant de visiter les différents pays", le pape "signifie que l'Europe est un ensemble". Le discours du chef spirituel abordera le chapitre social, sur lequel "une partie de la gauche européenne semble tentée d’'enrôler' le pape dans son combat en faveur d’une Europe plus solidaire", affirme le site du quotidien. Slate rappelle la venue d'un de ses prédécesseurs, Jean-Paul II, en 1988, qui rêvait "d’une Europe néo-chrétienne et fédérale", alors que le pape actuel "veut une Europe solidaire et sociale, une Europe de l'esprit plus qu'une Europe du marché".

La Croix a réalisé une série d'interviews de députés européens sur la venue papale et en conclut que "l'image du pape suscite la curiosité (…), certains comptent sur lui pour parler des inégalités sociales, d'autres l'attendent davantage sur le terrain de la famille et de la bioéthique". Le Parisien souligne que pour Jean-Luc Mélenchon, "il s'agit là d'un 'manquement aux règles de la laïcité' et une 'confusion' des genres". Le député européen "se dit aussi 'blessé' par certaines 'options négatives' prônées par le pape, notamment en matière de 'droit à l'avortement', d'euthanasie ou encore de 'droit au mariage civil des personnes de même sexe'". Cette visite a également suscité une "nouvelle action choc des Femen, (…) une femme seule a investi la cathédrale de Strasbourg, seins nus, un drapeau européen à la main", signale Euronews.

Le Saint-Père s'apprête à délivrer un "message surtout social qui devrait éviter les sujets qui fâchent, ceux concernant la bioéthique et les questions de société, au grand dam des courants catholiques conservateurs", affirme Libération, qui ajoute tout de même que le pape "est imprévisible et peu soumis aux codes diplomatiques". Cette visite devrait sonner "l'heure de la réconciliation", puisque "le Vatican a viré depuis une quinzaine d’années dans l’euroscepticisme" suite aux "vives batailles autour du traité constitutionnel et la non-inscription de la mention de l’héritage chrétien". "A moins que, peu soucieux de plaire, le pape prenne tout le monde à rebrousse-poil", souligne le site du quotidien.

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