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Le gouvernement italien à la rescousse de la banque Monte dei Paschi pour éviter une nouvelle crise financière

Revue de presse 23.12.2016

Après l'annonce par la banque Monte dei Paschi, jeudi 22 décembre, de son échec dans la quête de 5 milliards d'euros pour augmenter son capital, nécessaires à sa survie, le gouvernement italien a décidé d'intervenir. Il a approuvé un décret pour créer un fonds de 20 milliards d'euros afin d'aider les banques en difficulté. La création de ce fonds remet toutefois en cause les règles européennes en matière d'aides d'Etat aux banques en difficulté.

Siège social de la banque Monte dei Paschi à Sienne (Italie)

L'Etat italien, dernière chance pour Monte dei Paschi

"'Aujourd’hui marque une journée importante pour Monte dei Paschi, une journée qui la verra passer un cap et être en mesure de rassurer les épargnants', a commenté le [Premier ministre italien Paolo Gentiloni] alors que son gouvernement a approuvé la création d’un fonds d’aide doté de 20 milliards d’euros" [Le Monde]. Le plan de sauvetage doit encore recevoir l'aval de l'Union européenne, précise le quotidien.

La création de ce fonds d'aide a été votée par le Parlement mercredi 21 décembre, puis approuvée par le Conseil des ministres jeudi soir. L'Etat italien n'a pas trouvé de meilleure alternative, alors que sa dette publique atteint déjà des niveaux records. "Plus gros emprunteur de la zone euro - et l'un des plus importants au monde - le pays traîne une dette de plus de 2.000 milliards d'euros, soit plus de 130% du PIB", détaillent Les Echos.

Le gouvernement cherche à mettre en place un mécanisme pour éviter autant que possible des pertes pour les petits épargnants "alors que de nombreux Italiens ont souscrit ce type d'obligations sans en connaître les risques. Un peu plus de 40 000 particuliers détiennent des obligations BMPS [Banca Monte dei Paschi]", explique BFM Business. Le média rappelle par ailleurs que "le sauvetage de quatre petites banques avait entraîné l'an dernier des pertes lourdes pour des particuliers, provoquant manifestations et au moins un suicide". Un scénario que le gouvernement ne souhaite pas répéter.

Au-delà de l'enjeu national, c'est l'ensemble du système bancaire européen qui est menacé par l'importance de la banque italienne. C'est pourquoi "l'affaire est […] suivie de très très près en zone euro, une nouvelle crise semblable à celle de 2008 n'étant pas à exclure étant donné les liens de la Monte dei Paschi avec d'autres banques européennes, notamment belges et françaises", explique la RTBF.

Monte dei Paschi à bout de souffle, à l'image du système bancaire italien

"Le titre BMPS [Banca Monte dei Paschi] a perdu 87% de sa valeur en un an", rapporte Le Monde. Une situation qui inquiète naturellement les clients de l'établissement bancaire qui, "depuis septembre, […] retirent leur argent. Et ces retraits se sont depuis peu accélérés" [Le Figaro]. Un cercle vicieux pour la banque, qui manque de fonds propres.

De nombreuses banques italiennes se trouvent actuellement en difficulté, notamment en raison du niveau particulièrement élevé de créances douteuses dans le secteur bancaire italien, à savoir des prêts qui risquent de ne jamais être remboursés. Les banques italiennes en difficulté "ploient sous un fardeau de 350 milliards d'euros de créances douteuses, dont plus de 27 milliards chez Monte Paschi", écrit ainsi La Tribune.

L'éclatement du système bancaire italien, environ 700 établissements, de même que le déficit de capitalisation des banques du pays, sont également sources d'inquiétude, analyse BFM Business. Monte dei Paschi ne sera ainsi pas la seule banque à bénéficier du plan de sauvetage de l'Etat. "Les banques Carige, Veneto Banca ou Banca Popolare di Vicenza notamment pourraient aussi demander de l'aide", rapporte le média.

Une entorse aux règles européennes ?

La décision du gouvernement italien "enterre définitivement la règle fixée par les Européens durant la crise de la dette et qui consiste à séparer strictement les banques et leur Etat", considèrent Les Echos. L'Opinion se montre moins catégorique. Le quotidien rapporte que les textes européens prévoient toutefois que "l'apport de fonds publics peut-être 'nécessaire et bénéfique' dans des circonstances exceptionnelles".  

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, a annoncé qu'un soutien public aux banques serait probablement considéré comme une "dépense exceptionnelle". "Tout devrait être fait pour éviter que les dossiers des banques italiennes ne deviennent explosifs", conclut L'Opinion.

 

 

 

 

 

La prochaine revue de presse paraîtra le 3 janvier. Toute l'Europe vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année !