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Le G7 tend la main à la Russie

Revue de presse 05.06.2014

Réuni depuis hier, le G7, initialement programmé à Sotchi en Russie et organisé pour la première fois à Bruxelles, est accaparé par la crise ukrainienne. Les 7 dirigeants américain, canadien, allemand, japonais, français, italien et britannique se sont mis d'accord sur la position à tenir face à la Russie et espèrent un retour à la normale rapidement. La presse dresse un état des lieux des points soulevés hier lors des discussions dans lesquelles le nom de Vladimir Poutine est beaucoup revenu malgré son absence.

G7 Bruxelles 4 juin 2014

Est-ce enfin l'avènement de la désescalade entre l'Ukraine et la Russie ? Le Figaro revient sur "l'ouverture tactique du maître du Kremlin", qui affiche désormais une attitude plus modérée. Soulagement pour les Européens étant donné les enjeux énergétiques qui prévalent dans le conflit ukrainien, rien n'est pourtant acquis pour la Russie qui affirme son impuissance face aux velléités séparatistes dans l'est de l'Ukraine [Libération]. La correspondante du Monde à Moscou, Marie Jégo, adresse une critique acerbe de la tactique russe pour redorer son blason.

La pression occidentale sur Moscou est en effet toujours présente alors que le G7 a déclaré son soutien inconditionnel à Kiev [Les Echos]. Selon le quotidien, l'élection de Petro Porochenko constitue une opportunité à ne pas manquer pour engager un tournant dans les tensions avec la Russie.

"Nous n'accepterons jamais l'occupation de la Crimée par la Russie, ni les violations de la souveraineté de l'Ukraine" a déclaré Barack Obama qui apparaît comme le plus ferme face à Vladimir Poutine, allant jusqu'à refuser le tête-à-tête proposé par le chef du Kremlin [Le Point]. L'engagement américain en Europe pour contrer la Russie croît alors que le président américain a affirmé son soutien lors de sa visite en Pologne : "notre engagement dans la sécurité de la Pologne et dans celle de nos alliés en Europe centrale et orientale est une pierre angulaire de notre propre sécurité et il est sacro-saint" [Le Monde].

Toutefois, le G7 s'est mis d'accord pour tendre la main à Moscou. "Ukraine : les Occidentaux offrent un marché au président russe" titre Le Figaro. Les conditions posées par le G7 pour que la Russie rejoigne le club passent obligatoirement par la reconnaissance de l'élection de Petro Porochenko, la présence de Vladimir Poutine à sa cérémonie d'investiture et une intervention de Moscou pour stopper les revendications pro-russes en Ukraine. En cas de non-respect de ces desiderata, des sanctions économiques sont prévues : "si nous n’avons pas de progrès sur ces problèmes à résoudre, nous avons une troisième phase de sanctions plus sévères encore sur la table, parce que nous ne pouvons pas permettre une plus grande déstabilisation de l’Ukraine" déclarait hier Angela Merkel [Euronews]. Le doute est cependant permis quant à la mise en œuvre de ces menaces [Euronews].

Autre dossier épineux sur lequel la Pologne et les Etats-Unis ont exprimé leurs doutes par rapport au contexte actuel : la commande russe à la France de quatre navires Mistral. Le Figaro juge que le dossier n'a pas bougé d'un iota malgré la relative amélioration de la situation ukrainienne. Si la commande est honorée – ce qui semble en bonne voie avec la livraison des deux premiers navires en juin –, Vladimir Poutine a assuré un renforcement de la coopération avec la France [L'Opinion].

Autre échéance qui rassemblera une grande partie des chefs d'Etat et de gouvernement occidentaux : les commémorations du débarquement en Normandie demain qui pourraient également voir l'Ukraine se greffer aux discussions et donner lieu à une rencontre Russie-Ukraine [L'Opinion]. Le Figaro souligne le rôle de François Hollande qui s'entretiendra bilatéralement avec Barack Obama et Vladimir Poutine pour ce "Diplomatie-Day".

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