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Revue de presse 14.11.2013

Fini le temps des frontières, l'extrême droite s'internationalise. En vue des élections européennes de 2014, Marine Le Pen s'est rendue hier à la Haye à la recherche de partenaires politiques. Pour la présidente du Front national, la rencontre avec Geert Wilders, fondateur du Parti pour la Liberté (PVV), a été l'occasion de lancer une véritable stratégie européenne. L'objectif : fonder un groupe politique commun au Parlement européen.

Marine le pen (c) istockphoto

"Aujourd’hui est un jour historique", a déclaré hier Marine Le Pen. "Aujourd’hui", a poursuivi son homologue néerlandais, "marque le début de la libération de ce monstre nommé 'Bruxelles'". Le Front National et le Parti pour la Liberté unissent donc leurs forces contre l'Union européenne (un véritable "Etat nazi", assure Wilders) et ils le font "malgré d’évidentes différences d’opinion" [Libération].

"Entre Marine et Geert il y a un mariage d'intérêts et non d'amour", commente le quotidien italien La Stampa. Wilders demande d'interdire le Coran (un "Mein Kampf"), Le Pen se dit "peut-être moins radicale". Wilders est pro-Israël, le père de Le Pen est accusé d'antisémitisme. Wilders est pour le mariage homosexuel, Le Pen est contre. L'Europe, paradoxalement, les réunit : l'un comme l'autre veulent tout démanteler et revenir au franc et au florin [Huffington Post].

Pour y arriver, ils vont passer par le Parlement européen et fonder un nouveau groupe politique. Cela leur permettra de rassembler plus de voix et plus d'argent. En effet, "les chiffres de 2013 montrent que les principaux groupes au Parlement européen ont reçu chacun plus d'un million d'euros" [Reuters]. De quoi pouvoir lancer une campagne à l'échelle européenne et convaincre tous les extrémistes du continent.

Le duo pense notamment à l'Ukip du Britannique Nigel Farage (qui a par contre réaffirmé n'avoir pas l'intention de s'allier avec eux) ou encore au FPÖ autrichien et au Vlaams Belang belge, déjà membres de l'Alliance européenne pour la liberté où siège le parti de Wilders. La Ligue du Nord italienne pourrait également entrer dans le club. Les xénophobes italiens sont d'ailleurs en train d'organiser un "No euro day" et ont hâte de discuter d'un retour à la lira et aux frontières nationales [La Stampa].

Pour fonder un nouveau groupe, Le duo Pen-Wilders a besoin de 25 eurodéputés élus dans un quart des Etats membres (au moins sept). Pour l'instant, le FN est fort de trois députés, le PPV en compte quatre. Les Autrichiens du FPÖ ont deux représentants au Parlement de Strasbourg, les Belges du Vlaams Belang en ont un seul. Quant aux leghisti italiens, ils sont sept, ce qui fait un total de 17 députés. Il faudra donc convaincre encore d'autres partis, pour que le rêve d'une union européenne des anti-européens puisse se concrétiser.

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