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Le CETA entre en vigueur aujourd'hui

Revue de presse 21.09.2017

Aujourd'hui jeudi 21 septembre entre en vigueur la majeure partie du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA). Avant même sa ratification par l'ensemble des parlements européens, il suscite l'inquiétude chez ses opposants.

De gauche à droite, Donald Tusk, Justin Trudeau et Jean-Claude Juncker au sommet UE-Canada en octobre 2016

De gauche à droite, Donald Tusk, Justin Trudeau et Jean-Claude Juncker au sommet UE-Canada en octobre 2016

Entrée en vigueur partielle

Ce jeudi 21 septembre, "après plus de sept années de négociations" entre en vigueur l'Accord économique et commercial global, plus connu sous le nom de CETA [Les Echos]. Comme le rappelle Le Télégramme, la grande majorité du traité doit s'appliquer en attendant la ratification par "les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe". Une procédure qui devrait durer plusieurs années, et qui pourrait voir "l'accord tombe[r] en principe à l'eau" en cas de refus d'un seul parlement [Le Télégramme].

Cette application provisoire de l'accord, que Les Echos qualifient de "tournant majeur", va ouvrir aux entreprises un marché de 500 millions d'Européens et de 36 millions de Canadiens, où 99% des droits de douane seront supprimés. La Libre (Belgique) explique que "les origines géographiques de 143 produits européens seront protégées au Canada, de nombreux services seront libéralisés, les marchés publics seront plus largement ouverts à l’autre partie, des deux côtés de l’Atlantique". Cependant, les controversés tribunaux d'arbitrage ne seront eux mis en place qu'après ratification du traité.

"Saumonstre"

Cet accord devrait n'avoir qu'un effet limité sur l'économie des deux parties. En effet, le CETA ne devrait rapporter que deux milliards d'euros par an à l'UE, soit 0,08% de son PIB, "les deux blocs [ayant] déjà établi des relations commerciales de longue date", notent Les Echos. En revanche, "les experts attendent une augmentation d'environ 20 % des flux commerciaux entre les deux partenaires" selon le même journal. De même, d'après la Commission européenne "la disparition des droits de douane permettra aux entreprises européennes d’économiser 590 millions d’euros par an" [La Libre].

Malgré l'enthousiasme affiché par Bruxelles les opposants au traité s'alarment contre les possibles "dérives sanitaires et environnementales" [Huffington post]. Du point de vue de l'environnement, RTL relève qu'au contraire de la France qui "se targue de vouloir lutter contre le réchauffement du climat […] au Canada on extrait allègrement des hydrocarbures de sables bitumineux très polluants". Aussi, l'économiste Maxime Combes interrogé par le Huffington post souligne qu'"en important plus de biens et de services des deux côtés de l'Atlantique, on émet plus de gaz à effet serre".

Ce sont aussi les risques sur la santé et l'alimentation qui sont mis en cause. Les aliments canadiens inquiètent pour les risques qu'ils pourraient entrainer sur la santé. C'est notamment le cas des OGM qui suscitent la méfiance des consommateurs européens [RTL]. L'exemple le plus frappant, repris par L'Obs, concerne le saumon transgénique commercialisé au Canada. Le journal nuance cependant en expliquant qu'il "existe des barrages imparables à l’entrée du marché européen", et que pour la commercialisation de produits OGM en Europe il faut "une autorisation délivrée par l’Union européenne".

Du côté des instances européennes, on se félicite de cette "étape décisive dans la politique commerciale de l’UE", dont on vante "les bénéfices à venir" [La Libre]. Un point de vue opposé à celui "des ONG écologistes, des syndicats de salariés agricoles et des associations des consommateurs" qui, en France, "ont demandé ensemble à Emmanuel Macron de suspendre l'entrée en vigueur du CETA" [RTL]. Ces derniers ont été soutenus par "quelques dizaines de militants altermondialistes et députés de l'opposition" réunis, hier, près de l'Assemblée nationale en signe de protestation [Huffington post].