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Le cas catalan embarrasse l'Europe

Revue de presse 03.10.2017

Au lendemain du référendum d'autodétermination de la Catalogne lundi 2 octobre, les représentants des institutions et des gouvernements européens sont sortis de leur mutisme à propos de la crise qui sévit en Espagne. La plupart maintiennent leur soutien au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, tandis que le Parlement européen s'apprête à aborder le sujet. La Catalogne, elle, est en grève générale.

Manifestation lors de la Fête nationale catalane

Manifestation lors de la Fête nationale catalane

"Blocage du pays"

Après le référendum de dimanche en Catalogne, marqué par des violences policières qui ont fait de nombreux blessés, les tensions persistent en Espagne. Sud-Ouest parle à ce titre d'un "dialogue de sourds" pour évoquer les relations entre Madrid et Barcelone.

C'est dans ce contexte qu'est organisé, aujourd'hui en Catalogne, un "'blocage du pays' en protestation de la violence policière" [La Vanguardia]. L'Express explique que "la grève avait dans un premier temps été convoquée par des syndicats minoritaires" mais qu'à la suite des heurts de dimanche "les syndicats majoritaires dans la région ont décidé d'y adhérer pour montrer une image d'unité face à ces agressions". Vont se joindre à eux les "entités souverainistes" et les syndicats patronaux, mais c'est surtout le gouvernement catalan, comme le souligne La Vanguardia, qui a décidé de suivre le mouvement de grève.

Le but de ce mouvement est avant tout de "créer une grande mobilisation générale de rejet et de condamnation" des violences policières de dimanche [La Vanguardia]. Mais Carles Puigdemont, président du gouvernement catalan, "cherche aussi par ce biais à montrer que toute la société le soutient dans son bras de fer pour obtenir de Madrid, au minimum un référendum d'autodétermination", selon L'Express.

"La ligne officielle"

Du côté des capitales européennes et de Bruxelles, "la ligne officielle" est "claire", relève Le Temps : le soutien à Mariano Rajoy. Toutefois "la méthode utilisée (…) est loin de faire l’unanimité". Pour le quotidien suisse, l'Espagne serait ainsi "sur le banc des accusés" pour les violences qui ont eu lieu en Catalogne.

Lundi, le mutisme européen qui prévalait avant le référendum s'est brisé. "Sort[ant] de son silence“, le président du Conseil européen Donald Tusk, qui s'est entretenu avec Mariano Rajoy, l'a "appelé à trouver des moyens pour éviter une nouvelle escalade et un nouvel usage de la force" [RTBF].

Pour Les Echos au contraire, la Commission "marche sur des œufs avec ce dossier explosif" en ne condamnant pas directement les violences de la police espagnole. "L’UE n’entend pas se mouiller", se contentant d'affirmer, par la voix du porte-parole de la Commission Margaritis Schinas, que "la violence ne peut jamais être un instrument en politique" [Sud Ouest]. Ce dernier a par ailleurs rappelé le soutien de la Commission au chef du gouvernement espagnol, lors d'une conférence de presse donnée hier. Un rendez-vous lors duquel "l'incompréhension" était "palpable, entre la Commission européenne et les médias" [Les Echos]. Le quotidien explique que "beaucoup se demandent si la Commission applique un 'deux poids, deux mesures' au sujet de l'état de droit", en menaçant la Pologne pour sa réforme constitutionnelle mais en faisant moindre "cas de la liberté d'expression en Catalogne".

Le Parlement européen prend la main

De son côté, le Parlement européen a décidé de s'emparer demain du sujet lors de sa session plénière, "sur proposition de trois des principaux groupes politiques". Un débat aura alors pour thème : "Constitution, Etat de droit et droits fondamentaux en Espagne à la lumière des récents événements en Catalogne"[RFI]. Le groupe composé des Verts et de l’Alliance libre européenne (régionalistes et autonomistes) a quant à lui "annoncé son intention d’inviter Carles Puigdemont, le président de la Generalitat de Catalogne" à s'exprimer devant les eurodéputés [Le Temps].

Alors que le député Guy Verhofstadt, chef des libéraux européens, se réjouit de pouvoir "ouvrir la voie vers un dialogue politique", la droite européenne grince des dents, selon RFI. A l'instar de la vice-présidente du groupe du PPE Françoise Grossetête, qui "ne veu[t] pas [s]'ingérer dans les questions des relations Catalogne-Espagne". Ce qui inquiète principalement Mme Grossetête "c’est tout ce qui peut porter atteinte à l’unité de l’Espagne".