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Le Brexit de nouveau retardé par la Chambre des lords

Revue de presse 08.03.2017

C'est un nouveau revers pour Theresa May. Mardi 7 mars, les membres non élus de la chambre haute du Parlement britannique ont approuvé avec une large majorité un nouvel amendement au projet de loi sur le Brexit. Celui-ci prévoit que l'accord obtenu à l'issue des négociations avec l'UE devra lui aussi obtenir l'aval du Parlement et, en cas de véto de ce dernier, être renégocié par le gouvernement britannique. Ce vote retarde encore le déclenchement du Brexit et pourrait fragiliser Theresa May dans les pourparlers avec les Vingt-Sept.

House of Lords

Deuxième revers infligé à Theresa May

"La chambre des Lords […] exige que les parlementaires aient, à l’issue des discussions, le dernier mot sur l’accord final et tous les accords commerciaux futurs avec l’UE", rapporte Le Monde, qui précise que l'amendement a été adopté avec une nette majorité, par 366 voix contre 268. Ce dernier était défendu par les travaillistes, les libéraux-démocrates ainsi que plusieurs conservateurs, fait également savoir France 24. "Un revers humiliant pour Theresa May", commente le quotidien britannique The Independent, cité par Courrier International.

Le qualificatif choisi par The Independent s'explique notamment par le fait que les lords ont déjà voté un amendement défavorable au gouvernement May le 1er mars. "Le but du texte est de garantir aux trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni le droit automatique de résider outre-Manche après l’entrée en vigueur du Brexit", relate Le Monde.

Ces deux amendements, sur lesquels les députés britanniques devront se pencher, empêchent définitivement Theresa May d'annoncer le Brexit au Conseil européen des 9 et 10 mars. La chambre basse du Parlement britannique étudiera le texte "probablement le 13 mars", selon L'Express (avec l'AFP), "après l'avoir adopté en première lecture par 494 voix contre 122 (...). Néanmoins, la Chambre des communes, où le parti conservateur a une courte majorité, devrait tenter de rejeter ces amendements en seconde lecture la semaine prochaine" [RFI]. Cela permettrait de lancer le Brexit dans la foulée.

"Un filet de sécurité parlementaire"

Bien que Theresa May ait promis de consulter le Parlement à l'issue des négociations avec l'UE, le compromis qu'elle présentera aux parlementaires sera "à prendre ou à laisser", au risque d'une sortie de l'UE sans accord. Une éventualité que la Première ministre est prête à envisager, notamment en cas de désaccords trop importants avec Bruxelles : "pas d’accord est mieux pour le Royaume-Uni qu’un mauvais accord", a-t-elle déclaré [Le Monde].

Or, les lords veulent avoir le pouvoir de demander à l'exécutif de revoir sa copie de l'accord avec Bruxelles. "Le Brexit met à mal les institutions britanniques. La sortie de l'Union européenne était présentée pendant la campagne du référendum comme le moyen de restaurer la souveraineté du Parlement de Westminster. Or celui-ci est prié par l'exécutif d'en user avec parcimonie dans la discussion [sur le déclenchement du Brexit]", commente ironiquement Le Figaro.

Anne Soubry, députée conservatrice opposée au Brexit, qualifie l'amendement de "filet de sécurité parlementaire" pour les Britanniques sur les conditions de sortie de l'UE, rapporte L'Express (avec l'AFP).

Dans un éditorial, le quotidien britannique The Guardian salue cet amendement, considérant que "le Parlement doit apprendre à assumer la responsabilité" du Brexit et "défier l'opprobre de la presse anti-européenne".

Même si l'amendement sera probablement supprimé au terme de la navette législative, cet épisode donne des sueurs froides à l'exécutif britannique. "Pour calmer les velléités futures de rébellion, des voix pressent Theresa May de dissoudre le Parlement et de provoquer des élections anticipées", rapporte Le Figaro. Une "tentation" à laquelle "pour l'heure, la première ministre semble toutefois refuser de céder".

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