Derniers articles publiés

Le bateau Lifeline attendu à Malte : 6 pays prêts à accueillir les 233 migrants

Revue de presse 27.06.2018

La semaine dernière, le navire humanitaire Aquarius faisait route vers l'Espagne avec plus de 600 migrants rescapés à son bord, après s'être vu interdire l'accostage en Italie et à Malte. Cette fois, c'est au tour du bateau Lifeline de se heurter au refus italien : il sera finalement accueilli à Malte.

Le Lifeline

Le Lifeline, affrété par l'ONG allemande du même nom et utilisé précédemment par l'organisation Sea Watch - Crédits : Hol and / CC BY-SA 4.0

Le Lifeline accostera à Malte

Le Progrès rappelle que le "Lifeline, un navire humanitaire affrété par l’ONG allemande du même nom pour venir en aide aux migrants, avait jusqu’à présent été interdit d’entrée dans les ports maltais". Ces derniers considéraient que le bateau était de "la responsabilité des autorités italiennes ou libyennes". Cependant, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a annoncé mardi 26 juin que le navire débarquerait à Malte. "Ce dernier n'a pas précisé quand le navire serait autorisé à accoster", note toutefois Europe 1

Le Monde rapporte que le président Emmanuel Macron a accepté que la France soit un des "six pays européens à accueillir des migrants qui se trouvent sur le navire humanitaire Lifeline", qui en compte 233. D'après Europe 1, "le Portugal se tient prêt à accueillir une partie des migrants", d'autres devant être "pris en charge par l'Italie", a annoncé Giuseppe Conte. Le Progrès précise qu'il "s’agira de quelques dizaines d’individus par pays d’accueil".

Sanctions contre l'ONG

Selon Le Monde, "le gouvernement maltais a annoncé qu'il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes". Le Point rapporte par ailleurs les propos du ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, selon qui les ONG sont "complices, consciemment ou inconsciemment des trafiquants et sont interdites d'entrée dans les ports italiens". Il a également twitté : "c'est au tour du navire de l'ONG Lifeline d'aller à Malte avec ce navire hors-la-loi qui en définitive sera séquestré".

D'après RTBF, le président français a lui aussi critiqué l'ONG allemande pour avoir "agi en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens" et "fait le jeu des passeurs". Il a ajouté : "on ne peut pas accepter durablement cette situation car au nom de l'humanitaire cela veut dire qu'il n'y plus aucun contrôle", "à la fin on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût des risques du passage". Après sa rencontre avec le pape mardi 26 juin, M. Macron a reconnu que "l’Italie a un fardeau : les centaines de milliers d’exilés qui n’ont pas obtenu l’asile et restent dans une situation de non droit". Ce défi politique "ne se résout ni dans la dilution absolue de ce que nous sommes, ni dans un rejet absolu" [Le Progrès].

Un programme volontaire de réinstallation de réfugiés

Plusieurs navires sont dans la même situation, comme le cargo danois Alexander Maersk, qui "a finalement été autorisé dans la nuit de lundi à mardi à accoster en Sicile (…) après trois jours d’attente devant le port de Pozzallo" [Le Progrès]. D'après Le Figaro, ces situations sont symptomatiques "des divergences entre pays européens qui ont refait surface ces dernières semaines avec le refus du nouveau gouvernement italien et de Malte de laisser accoster l'Aquarius, à bord duquel se trouvaient plus de 600 migrants". Pour le quotidien, "cet épisode a creusé le fossé entre partisans d'une ligne dure (Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Pologne) et défenseurs d'une solution européenne, à l'image de la chancelière allemande Angela Merkel et d'Emmanuel Macron".

"Alors que l'Union européenne est dans l'impasse pour réformer son système commun d'asile", Europe 1 rappelle que plusieurs pays manifestent leur soutien aux migrants comme "le Portugal qui a plusieurs fois affiché son ouverture à l'accueil de migrants et de réfugiés", et en a déjà accueilli 15 552 dans le cadre du "programme volontaire de réinstallation de réfugiés en Europe proposé en janvier par la Commission européenne, qui vise à accueillir dans l'UE en deux ans au moins 50 000 réfugiés".

Migrations et droit d'asile : la fracture Est-Ouest

Asile et migrations : le mini-sommet européen se solde sans avancée majeure