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Le 5 juin à marquer d'une pierre blanche pour la BCE... et pour la zone euro ?

Revue de presse 06.06.2014

L'annonce de la baisse du principal taux directeur de la Banque centrale européenne hier, de 0,25 à 0,15%, a provoqué la surprise. L'ajustement au plus bas taux de l'histoire de l'institution, annoncé par le directeur de la BCE Mario Draghi, a reçu un accueil chaleureux qui rejaillit dans les réactions enthousiastes de la presse. Toutefois, certains commentateurs relativisent les effets probables de cette annonce.

Mario Draghi novembre 2013

C'est une nouvelle inédite pour la zone euro. Parmi les nouveaux chiffres fixés par la BCE, l'annonce majeure concerne l'abaissement du taux principal de refinancement appliqué par la BCE (désormais à 0,15%) mais également l'injection de 400 milliards de liquidités supplémentaires aux banques qui octroieront des prêts au secteur privé et la mise en place d'un taux de dépôt négatif de -0,10% qui vient, pour la première fois, sanctionner les dépôts des banques au sein de l'institution, afin de les inciter à investir leurs fonds dans l'économie réelle plutôt que de les maintenir immobiles [La Tribune].

Ces mesures non conventionnelles – qualifiées de "territoires inconnus" par Les Echos – étonnent et donnent à voir un "Super Mario [débouchant] les tuyaux du crédit" [Libération]. La surprise vient en effet de l'unanimité qu'a réussi à obtenir le président de la part du Conseil des gouverneurs, souligne Le Figaro, alors que la méthode de Mario Draghi, inspirée par la FED américaine, se heurte aux sensibilités économiques allemandes.

Une "thérapie de choc", selon L'Opinion, dont l'objectif est de relancer la croissance, le crédit et éviter la déflation qui menace la zone euro. Du côté des marchés, les réactions sont à la hauteur du caractère exceptionnel des annonces, puisque la Bourse de Paris a retrouvé son niveau de 2008 [Les Echos]. "Ce sont des mesures de relance qui vont surtout bénéficier aux économies les plus en difficulté. C'est par exemple une très bonne nouvelle pour les banques espagnoles et italiennes, qui vont pouvoir se financer plus facilement", commente le chef économiste de Meeschaert Asset Management, Philippe Troesch. Si les réactions sont donc enthousiastes, Les Echos reviennent toutefois sur les inquiétudes allemandes, que développe également La Tribune qui envisage un durcissement de l'Allemagne.

Cependant, pour le chef économiste Europe de la Deutsche Bank, Gilles Moëc, "sur le fond, les mesures de la BCE ne changent pas grand-chose" [L'Opinion]. La Tribune exprime également sa réserve quant à l'efficacité des mesures annoncées jugées essentiellement symboliques : "la faiblesse de la reprise et les conditions de la régulation bancaire n'incitent guère les établissements à prêter à l'économie" analyse le quotidien.

Le chef économiste chez Candriam, Anton Brender, partage également ces réserves et rappelle que c'est maintenant aux banques d'agir pour que les effets escomptés se réalisent [Les Echos]. Un point sur lequel revient le journaliste de La Tribune, Romaric Godin, qui explique que "Mario Draghi n'a pas encore gagné" et juge les nouvelles mesures de la BCE comme étant "une forme d'analgésique pour moins sentir les effets de l'austérité", alors que les conditions nécessaires à une croissance durable ne sont pas encore réunies. Il salue toutefois la conviction et le coup de maître réalisé.

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