Derniers articles publiés

La Russie ferme ses portes à 89 Européens

Revue de presse 01.06.2015

Moscou a établi une liste de 89 personnalités européennes ne pouvant plus se rendre en Russie. Si les personnes concernées se sont peu émues de la situation, les autorités européennes ainsi que la presse s’inquiètent d’une escalade des tensions entre l’UE et la Russie.

Liste noire russe

La nouvelle est arrivée des Pays-Bas vendredi dernier : le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré que "la Russie a remis à plusieurs ambassades européennes une liste de personnes qui ne peuvent plus entrer sur le territoire russe".

Une liste "très éclectique" selon Le Figaro et publiée dans son intégralité par Libération.

On y découvre que quatre Français font partie des "persona non grata" : le philosophe français Bernard Henri-Lévy, l’ancien leader du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) Daniel Cohn-Bendit, le député du Parti socialiste (PS) Bruno Le Roux ainsi que le président du Comité économique et social européen (CESE) Henri Malosse.

L’Obs estime que "l'existence de cette liste noire est pourtant tout sauf une surprise" dans la mesure où plusieurs personnalités européennes n'avaient pas pu entrer en Russie ces derniers mois.

Si l’ambassadeur russe auprès de l’UE a déclaré dans Le Monde que la liste noire ne visait pas "de dirigeants ou de hauts responsables des pays", de hautes personnalités politiques sont néanmoins concernées, comme l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, l’ex Vice-Premier ministre britannique Nick Clegg, ou encore l’ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek.

Slate tente d’analyser le contenu de cette liste en notant que la Pologne, avec 18 personnalités indésirables, est largement surreprésentée. Le Royaume-Uni n’est d’ailleurs pas en reste, avec 9 noms.

Pour le site, "ces chiffres fournissent cependant un paysage révélateur des griefs retenus par Moscou envers […] des pays européens qui ont adopté une attitude offensive envers la Russie pendant la crise ukrainienne, réclamant des sanctions plus dures et critiquant publiquement Moscou pour ses manœuvres militaires".

Par ailleurs, "la liste des absents est également instructive: on ne trouve sur cette liste aucun nom venant d’Italie, de Hongrie, d’Autriche, de Chypre ou de Slovaquie, des pays moins critiques des politiques russes".

Les réactions à cette nouvelle ne se sont pas fait attendre.

Le Point rapporte qu’un porte-parole de l’UE a déclaré dans un communiqué de presse qu’il considérait "cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l'absence de toute clarification ultérieure et de transparence […] Nous n'avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision".

Pour beaucoup de pays, dont les Pays-Bas, cette liste est une "réaction aux sanctions et interdictions d’entrée sur le territoire européen prononcées à l’endroit de la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée, en mars 2014, et pour son rôle dans la crise ukrainienne" [Le Monde].

Le Figaro n’hésite pas à parler d’une "guerre froide" qui se poursuit "entre l’Union européenne et la Russie".

Malgré tout, la plupart des personnes visées par cette interdiction de territoire russe se sont dites "fières" et "honorées", estimant que leur action d’opposition à la Russie est efficace, rapportent Les Echos.

Bernard Henri-Lévy a pour sa part déclaré dans Le Figaro : "Il y a quelque chose qui est à la fois puéril et inquiétant dans cette démarche […] J'y vois aussi une sorte de fuite en avant d'un régime perdu par son propre autoritarisme".

M. Le Roux, lui, pense figurer sur cette liste noire en raison de son soutien à "la position de médiation de la France dans le conflit avec l'Ukraine" et évoque en outre une autre raison, moins évidente : "Je suis sur cette liste au moment où nous avons déposé à l'Assemblée une commission d'enquête sur les liens financiers entre le Front national en France et la Russie, puisque Madame Le Pen [...] a été reçue - avec beaucoup de faste d'ailleurs - au Kremlin il y a quelques jours".

Daniel Cohn-Bendit, lui, reste désinvolte : "Je trouve ça très drôle. Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami" [L’Obs].

Les autres sujets du jour

Pays de l'UE

Concurrence

La France dans l'UE