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La répartition des migrants finalement votée à la majorité qualifiée par les ministres de l'Intérieur

Revue de presse 23.09.2015

Aveu d'impuissance de la part des Etats européens sur la répartition des réfugiés : une position commune n'a été possible, hier, qu'au prix d'un vote à la majorité qualifiée des ministres de l'Intérieur. A peine officialisée, cette décision a suscité de nombreuses réactions, tant à l'Est qu'à l'Ouest de l'Europe, soulignant une nouvelle fois le différend idéologique avec lequel l'Union devra continuer à composer dès aujourd'hui lors du Sommet européen également dédié à cette question.

 

Conseil JAI du 22 septembre

Les Echos rapportent que "les Etats vont se répartir 120 000 réfugiés massés en Italie et Grèce. Fait inédit, la décision a été prise par un vote, malgré le 'non' exprimé à l’Est. C’est un passage en force qui fera date". Pour parvenir à cette décision, précise L'Express, les négociateurs ont dû se positionner sur l'aspect contraignant de l'accueil des migrants. Si le texte final ne fait aucune mention d'une "clé de répartition" obligatoire, "juridiquement, les Etats qui ont voté contre le mécanisme de répartition devront accepter leur contingent de réfugiés précisé dans ce texte".

Les 120 000 réfugiés seront répartis en deux temps. Au départ il s'agira de désengorger l'Italie et la Grèce en relocalisant les populations s'y trouvant et en y installant des centres d'accueil ("hotspots"). Une fois les 66 000 premiers réfugiés déplacés, les Etats se rencontreront à nouveau pour débattre du sort des 54 000 autres [Le Monde].

Le Point souligne une "autre modification : les réfugiés à 'relocaliser' ne viendraient plus que d'Italie et de Grèce, les autres États prenant acte de la volonté de la Hongrie de ne pas être concernée par le dispositif".

Cette prise de décision européenne était fortement attendue. Les mesures engagées seront assises aujourd'hui lors de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, qui auront maintenant la possibilité de débattre d'autres points que la seule question des quotas.

De nouvelles mesures devraient être arrêtées aujourd'hui, notamment sur le plan des aides financières pour la gestion des réfugiés [Le Point]. En effet, "selon l’OCDE, cette crise migratoire 'sans précédent' risque de durer, faute de stabilisation des pays d’origine" indique Libération.

Cependant cette première avancée a été obtenue "au forceps", relate L'Humanité. En effet, le groupe de Višegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque) est resté fermement opposé à une répartition des migrants sur leurs territoires. Si le changement de position de la Pologne a changé la donne et si la Finlande, également réticente, s'est abstenue, l'unanimité n'a pas été possible. Le vote redouté à la majorité a donc prévalu.

Conséquence immédiate de ce mode d'adoption, la colère de Robert Fico, Premier ministre slovaque. "Je préfère plutôt transgresser les règles européennes que d'accepter ce diktat", a-t-il déclaré, rapporte Le Figaro. La réaction française n'a pas tardé à arriver. Hier soir le président français "a laissé entendre [...] que les Etats européens hostiles à l'accueil de migrants, comme la Hongrie ou la Slovaquie, s'exposeraient à des sanctions s'ils n'appliquaient pas le plan de répartition de l'UE" [Le Figaro].

Autre signe montrant que la pression s'intensifie sur les pays rétifs d'Europe centrale : la Cour européenne des droits de l'homme, a condamné hier la Hongrie à verser 22 500€ pour avoir maintenu en détention, durant quatre mois, trois réfugiés somaliens fuyant la guerre en 2011-2012 [Le Figaro].

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