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La Grèce : victime ou rebelle insolente ?

Revue de presse 19.03.2015

La presse est unanime : la tension ne cesse s’accroître entre l’UE et le gouvernement grec, et les articles sur la situation se multiplient. D’un côté, la Grèce est condamnée pour son manque de soumission aux règles de l’Union européenne (UE) et de l’autre, certains journalistes estiment que le gouvernement grec est dans son droit.

Alexis Tsipras

La Grèce est au centre de toutes les inquiétudes, de toutes les discussions à Bruxelles. Le Monde rapporte que Jean-Claude Juncker se dit "inquiet", tandis que le ministre des Finances allemand, impitoyable vis-à-vis de la Grèce depuis plusieurs jours, a déclaré : "Le temps est compté pour la Grèce. […] Il va être de plus en plus difficile de trouver des solutions." Selon Le Figaro, l’Allemagne ne craindrait plus l’éventualité d’un "Grexit".

Le Monde informe qu’un "mini-sommet de crise" aura lieu ce soir, à la demande du Premier ministre grec Alexis Tsipras en présence de François Hollande, Angela Merkel, du président de la Commission Jean-Claude Juncker et du président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Le but est de négocier une nouvelle tranche d’aide financière pour permettre à la Grèce de payer son programme.

Mais les discussions ne cessent de se multiplier et peinent à aboutir, provoquant l’ "exaspération" [Le Monde] des partenaires de la Grèce qui "perdent patience" [L’Express].

Or, le fait est que, selon Le Figaro, le trésor d’Athènes est à deux doigts de la banqueroute car l’Eurogroupe s’obstine à geler toute aide financière tant que la Grèce ne mène pas les réformes exigées. Un diplomate de haut rang est soucieux : "Il y a un vrai danger si la Grèce et les pays de la monnaie commune persistent à ne pas s'entendre."

Le journal résume bien la situation, conflictuelle, "entre, d'un côté des créanciers sûrs de leur bon droit et de l'autre un Premier ministre grec qui s'estime de plus en plus marginalisé."

En effet, la Commission s’agace de l’insoumission de la Grèce qui a voté hier, contre l’avis de l’UE, un vaste plan d’aide sociale visant à lutter contre la pauvreté qui fait rage dans le pays [Les Echos]. Une première loi depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement Tsipras, qu'Euronews décrit comme un "défi".

Bref, une partie de la presse souligne que M. Tsipras est en train de se faire de nombreux ennemis à Bruxelles. La correspondante à Bruxelles du Monde explique les fonctionnaires européens se plaignent de l’attitude grecque : tandis que l’enquête menée par la Troïka sur les finances hellènes n’avance pas assez vite, Bruxelles remet en question sa confiance : "il faut qu’ils arrêtent de dire une chose ici, et son contraire une fois rentrés à Athènes."

La Grèce, elle, s’estime victime des "chantages" de l’UE pour "saborder les négociations". Elle parle d’une campagne de décrédibilisation médiatique menée par Bruxelles contre le gouvernement.

Le journal parle d’une "incompréhension catastrophique", notamment en raison de la relation très houleuse entre le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble et son homologue grec Yanis Varoufakis. Ce dernier a été accusé, vidéo à l’appui, d’avoir fait un doigt d’honneur à l’Allemagne, provoquant un véritable tollé dans les médias. Or, un présentateur allemand vient d’avouer que la vidéo a été truquée par ses soins [Le Figaro].

De fait, si une partie de la presse met en avant le côté frondeur et révolté  de l’ "enfant terrible" [Le Figaro] Alexis Tsipras, certains articles s’interrogent sur la sincérité des institutions européennes.

Pour Romaric Godin de La Tribune, celles-ci soufflent le chaud et le froid avec la Grèce pour mieux la coincer lors des négociations et "empêcher Syriza d’appliquer son programme". Selon le journaliste, le but de Bruxelles est d’imposer sa propre politique économique.

Ce même auteur a d’ailleurs publié un autre article s’interrogeant sur la manipulation médiatique dont Yanis Varoufakis serait victime.
 
Dans Libération, l’écrivaine et journaliste Luciana Castellina critique fortement la Troïka et ses mesures "qui ont déjà provoqué en quatre ans une réduction du PIB de 25 %". Elle soutient le gouvernement grec qui a eu le courage de dénoncer les dysfonctionnements de l’UE.

Plus positif, l’écrivain Yannis Kiourtsakis a écrit dans Le Monde une tribune suggérant de voir la situation grecque comme l’occasion de faire évoluer l’Europe dans le bon sens, vers moins d’austérité.

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