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La Grèce prête à de nouvelles concessions envers ses créanciers

Revue de presse 21.02.2017

Les 19 ministres des Finances de la zone euro se sont réunis lundi 20 février à Bruxelles, pour tenter de trouver un accord sur le dossier de la dette grecque. Athènes a une nouvelle fois accepté de lourdes concessions afin de sortir de l'impasse avec ses créanciers. Pourtant le FMI estime qu'il faudra davantage de progrès.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici et le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, lundi 20 février 2017

Une réunion de l'Eurogroupe conclue sous le signe de l'optimisme

"La Grèce, ce sont les Feux de l’amour de la zone euro", écrit Libération. Lundi 20 février, c'est en effet un nouvel épisode qui s'est ouvert dans la résolution de la crise grecque, puisque Athènes a accepté de faire de nouvelles concessions envers ses créanciers : la zone euro et le Fonds Monétaire International [RFI]. Une décision accueillie avec beaucoup "d'optimisme", tant "cette énième réunion" était présentée quelques jours auparavant comme "décisive par de nombreuses sources proches du dossier" [Le Monde].

En effet, il s'agissait de trouver un accord sur une liste supplémentaire de réformes à mettre en œuvre par la Grèce, en échange d’une nouvelle tranche de prêts dans le cadre du troisième plan d’aide au pays (évalué à 86 milliards d'euros et décidé en 2015). "Je suis très heureux du résultat aujourd'hui", a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. De son côté, le commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici, a félicité "le pas important franchi" [Le Figaro]. Les représentants des créanciers de la Grèce se retrouveront dans un premier temps à Athènes pour "finaliser les détails de l'accord". Puis, selon une source gouvernementale grecque interrogée par RTL, "les nouvelles mesures seront votées d'ici la mi-mars (…). Il est probable qu'il s'agira d'une baisse du seuil d'exonération fiscale et de mesures sur les retraites (...), les deux points sur lesquels le FMI insiste".

Des efforts déjà spectaculaires réalisés par la Grèce

Athènes devra donc réaliser une nouvelle économie de "2 % de son produit intérieur brut (PIB)" [Le Monde]. De lourds "sacrifices (…) qui ne sont plus justifiés économiquement", jugent Les Echos. En 2010 déjà, la peur panique suscitée par l'éclatement de la crise grecque avait poussé les gouvernements européens "à frapper trop lourdement sur un pays aux structures économiques et étatiques si fragiles (…). Ayant joué les bons élèves, le gouvernement grec pensait au moins être à l'abri d'un nouveau diktat", analyse le journal.

Si l'Eurogroupe a exprimé ces nouvelles exigences envers la Grèce, c'est avant tout "pour obtenir du FMI qu'il reste à bord (…) [et] ne jette pas l'éponge", déclare une source bruxelloise au Monde. Selon le FMI, il faudra cependant "davantage de progrès" car la dette grecque paraît toujours "insoutenable", se situant "à près de 180% du PIB en 2016" [Europe 1].

Afin de procéder au déblocage de la situation avec le FMI "qui conditionne toujours sa participation financière au plan d'aide à un accord sur la dette grecque, plaidant pour un allégement du fardeau", la chancelière allemande Angela Merkel a prévu de rencontrer demain la directrice générale du FMI, Christine Lagarde [RTL]. Une réunion organisée "avant une série d'élections cruciales" aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, qui risquent de "compliquer tout compromis".

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