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La Grèce et la France se font tirer l’oreille par l’Eurogroupe

Revue de presse 10.03.2015

Alors que la réunion de l’Eurogroupe a débuté hier et se poursuit aujourd’hui avec le Conseil Ecofin, deux pays exaspèrent par leur obstination et la mauvaise gestion de leur budget : la Grèce et la France, qui sont désormais sous surveillance rapprochée.

Eurogroupe

Décidément, la Grèce et la France sont d’éternels mauvais élèves aux yeux de l’UE qui ne cesse de leur distribuer bonnets d’âne et autres avertissements.

Les deux pays sont dans la ligne de mire européenne, et beaucoup de médias n’hésitent plus à parler d’une surveillance accrue [Le Figaro], voire d’une "mise sous tutelle" [Le Monde] de la Grèce et de la France par les institutions européennes.

À l’issue des premières discussions au sein de l’Eurogroupe hier, la Grèce a finalement dû capituler et accepter que la Troïka (qui réunit la Commission européenne, la BCE et le FMI) réalise une enquête sur la situation financière du pays, ainsi que de ses créanciers. Elle rendra ensuite un avis sur les réformes proposées par la Grèce. Le Monde explique qu’une fois que les discussions avec la Troïka seront conclues et que son avis sera positif, alors la Grèce pourra bénéficier d’une aide financière s’élevant à 7 milliards d’euros. Une somme qui lui permettra de de rembourser ses dettes au Fonds monétaire international.

Cécile Ducourtineux, correspondante à Bruxelles pour Le Monde, voit dans cette décision une "charge symbolique […] considérable" pour Athènes qui s’était jusqu’alors fermement opposée à toute ingérence de la part de la Troïka, une formation considérée comme non démocratique et dont les méthodes apportent des "résultats contre-productifs pour l’économie grecque."

Le gouvernement grec essaie toutefois de donner le change : dans La Tribune, il estime que l’issue de la réunion de l’Eurogroupe est "positive" et se réjouit des discussions qui seront tenues avec les "institutions", terme qui désigne en réalité la Troïka…

La Grèce n’est pas la seule à se faire taper sur les doigts par l’Eurogroupe : le "cas français" est aussi un sujet délicat, source de "crispations" [Le Monde]. Les ministres des Finances européens doivent en effet statuer cet après-midi sur la recommandation de la Commission octroyant à la France un délai de deux ans pour éponger son déficit budgétaire. Or, ce qui est considéré comme un traitement de faveur "passe très mal auprès d’autres membres de l’union monétaire". Certains politiques européens conservateurs ne comprennent pas que la France n’ait subi aucune sanction pour ne pas avoir respecté ses engagements dans le cadre du Pacte de Stabilité.

Malgré les diverses oppositions, Les Echos affirment que cette recommandation devrait être approuvée, bien que sans enthousiasme, par le Conseil Ecofin. Les institutions européennes sont en effet conscientes qu’une plus grande sévérité à l’égard de la France risquerait d’avoir des conséquences néfastes sur l’ensemble de l’UE.

La France ne doit pas se sentir toute-puissante pour autant : l’impatience de ses partenaires guette, la confiance s’amenuise et la clémence dont elle bénéficie devra être accompagnée de réformes rapides et convaincantes. Et c’est loin d’être gagné car Paris et Bruxelles divergent sur la méthode pour réduire les déficits et la France "rechigne à faire 30 milliards d’efforts en plus". [Le Figaro].

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