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La Grèce dans l’œil du cyclone

Revue de presse 16.03.2015

La Grèce se trouve dans une mauvaise posture : l’Allemagne, vexée, lui tourne le dos tandis que l’Eurogroupe, dont le salut financier grec dépend, s’impatiente. Si l’Union européenne refuse de voir le pays sortir de la zone euro, certains ne s’en émeuvent plus et évoquent un "Grexident". Athènes va devoir redoubler d’efforts et de compromis dans les négociations.

Grexit

Les rencontres et négociations visant à régler le problème des dettes grecques se multiplient, mais L’Express juge ces discussions entre l’UE et la Grèce "bien lentes".

Après  sa rencontre avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, Jean-Claude Juncker s’est déclaré "insatisfait des développements en Grèce ces dernières semaines" car selon le président de la Commission européenne, trop peu de progrès ont été réalisés.

Des solutions peinent en effet à émerger : la Grèce a besoin de fonds très rapidement afin d’honorer ses dettes colossales, mais l’Eurogroupe - dont l’avis est décisif - n’acceptera de verser une aide financière qu’en échange de réformes jugées satisfaisantes. Face à une telle intransigeance, Alexis Tsipras réclame que l’Allemagne, elle aussi, rembourse des indemnités de guerre qui n’ont jamais été payées, crispant encore un peu plus les relations entre Berlin et Athènes.

Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a fermement réprouvé ces revendications grecques : "En Grèce, la responsabilité des problèmes est trop souvent rejetée en dehors de la Grèce et l’Allemagne en est devenue la victime principale." [Les Echos]

En guise de réponse à l’attitude de M. Tsipras, le correspondant à Berlin du Monde rapporte que le ministre des Finances allemand brandit la menace à peine voilée du "Grexident", c’est-à-dire la sortie accidentelle de la Grèce de la zone euro. "Dans la mesure où la Grèce, seule, a la responsabilité, la possibilité de décider ce qui se passe, et comme nous ne savons pas exactement ce que les responsables grecs font, nous ne pouvons pas l’exclure", affirme Wolfgang Schäuble, implacable.

Les Echos révèlent que selon un sondage publié par la chaîne de télévision allemande ZDF, plus de la moitié des Allemands souhaitent que la Grèce sorte de la zone euro. Et ils ne sont pas les seuls : selon plusieurs sources du Monde, "un ‘Grexident’ ne serait pas pour déplaire […] à certains conservateurs européens, qui disent n’avoir plus confiance dans le gouvernement Tsipras, à peine deux mois après son arrivée au pouvoir."

C’est pourtant ce que les dirigeants européens veulent à tout prix éviter : M. Dijsselbloem l’a affirmé : "La place de la Grèce est dans la zone euro", de même que le président du Conseil, Donald Tusk, qui a déclaré au Figaro : "perdre la Grèce ouvrirait le chapitre le plus dramatique de l'histoire de l'UE."

Le gouvernement grec s’est un peu plus isolé et décrédibilisé ce week-end après la publication dans Paris Match d’une séance photo du ministre des Finances grec Yanis Varoufakis avec son épouse. Des photos "incongrues" pour L’Obs et beaucoup moquées dans les médias. Le principal intéressé dit aujourd’hui regretter cet article [L’Obs].

Face à une telle situation, plusieurs experts proposent, dans une tribune pour Libération, une alternative : l’euro-drachme, un nouvel instrument monétaire qui viserait non pas à remplacer la monnaie unique, mais à la compléter. Cela permettrait de relancer l’économie grecque et de réduire la dette à court terme.

Quoiqu’il en soit, les marges de manœuvre ne cessent de s’amenuiser pour la Grèce : La Tribune titre que le pays "a urgemment besoin d’argent". De fait, il n’a d’autre choix que de faire des concessions : Le Figaro annonce que le gouvernement grec est prêt à retarder ses promesses électorales afin de "redonner confiances à ses partenaires européens."

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