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La Grèce conclut un accord préliminaire avec ses créanciers

Revue de presse 02.05.2017

Alors que les négociations sur le versement de la troisième tranche de prêt accordé à la Grèce traînent depuis octobre dernier, le ministre des Finances grec s'est félicité mardi 2 mai au matin d'être parvenu à un accord technique préliminaire avec ses créanciers dans la nuit. Cet accord implique cependant de nouvelles mesures d'austérité que les syndicats grecs dénonçaient hier à l'occasion de grèves et de manifestations.

Parthénon Athènes

Dernière ligne droite pour les négociations

Entamant son second mandat à la tête du gouvernement grec en juillet 2015, Alexis Tsipras était parvenu à un accord sur une troisième tranche de prêt de 86 milliards d'euros avec ses créanciers, composés de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international [Le Figaro].

En octobre 2016, des négociations sur la revue du dernier plan d'aide avaient débuté. Elles auraient dû se conclure en décembre 2016 mais ont pris du retard "en raison de dissensions entre l'Union européenne et le FMI sur les objectifs d'assainissement budgétaire" [Les Echos]. Le 7 avril dernier, à Malte, une étape avait été franchie et la Grèce et ses créanciers étaient parvenus à un accord de principe. Athènes avait accepté de réaliser 3,6 milliards d'euros d'économies nouvelles "en rognant les retraites en 2019 et en alourdissant les impôts en 2020" [Le Figaro]. Restait à préciser les détails des mesures et à s'entendre sur l'éventualité d'une réduction de la dette grecque…

Accord sur des nouvelles mesures d'austérité

Ce mardi 2 mai, le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos a annoncé qu'il y avait "eu de la fumée blanche" à l'issue de négociations nocturnes. La Grèce et ses créanciers sont en effet parvenus à un accord sur les réformes comprises dans le plan d'aide [Les Echos]. "Les négociations sur un accord technique ont été conclues sur toutes les questions (…). La voie est désormais ouverte pour des discussions sur l’allègement de la dette", a indiqué le ministre [Le Monde]. Cet accord définit des "réformes du marché du travail, de l'énergie, ainsi qu'une baisse des coûts des retraites et des hausses d'impôts". Il représente une avancée majeure dans les discussions entre le gouvernement d'Alexis Tsipras et ses créanciers [Les Echos].

"Le ministre grec a ajouté être "certain" que l'accord allait permettre à la Grèce d'obtenir de ses créanciers un engagement sur des mesures devant permettre un allègement de sa dette, qui est selon lui vital pour permettre de relancer l'économie défaillante du pays", relaye Challenges. Les mesures en question devraient permettre les économies de 3,6 milliards d'euros nécessaires à la poursuite du versement des prêts à la Grèce. "Cette dernière a obtenu l'autorisation d'utiliser une somme équivalente pour prendre des mesures contre la pauvreté", précise le journal.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a cependant affirmé qu'aucune de ces coupes ne serait appliquée "sans engagement clair sur des mesures devant permettre un allègement de la dette de la Grèce" [FranceInfo]. En effet, le pays souhaite un accord avec ses créanciers sur une nouvelle tranche de prêt le plus tôt possible, voyant arriver l'échéance d'un remboursement de plus de 7 milliards d'euros en juillet [Le Figaro].

En attendant le "feu vert de l'Eurogroupe", la Grèce doit maintenant légiférer sur les nouvelles mesures de l'accord [Les Echos]. "Une réunion des ministres des Finances de la zone euro est notamment prévue à cet effet le 22 mai prochain", indique Le Figaro. Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, s'est déclaré confiant quant à la conclusion d'un compromis global le 22 mai prochain, sous réserve que "le gouvernement (grec) respecte tous les accords" [Le Figaro].

Les syndicats se mobilisent

Alors que le gouvernement se félicitait de l'accord technique préliminaire mardi matin, lundi 1er mai, les citoyens grecs défilaient dans les rues d'Athènes afin d'exprimer leur lassitude et leur mécontentement vis-à-vis des nouvelles mesures. Les cortèges menés par les syndicats grecs ont rassemblé 10 000 manifestants à Athènes et 3 500 à Thessalonique, selon la police [Euronews]. Ces manifestations ont été accompagnées d'une grève nationale.

Une grève générale est prévue le 17 mai. "Nous devons reprendre tout ce qui nous a été volé durant la crise", a déclaré le chef du parti communiste Dimitris Koutsoumbas. "Nous devons annuler toutes les lois contre les travailleurs (...) et effacer unilatéralement la dette' publique du pays", a-t-il ajouté [Europe 1].