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La Grèce acculée par le FMI

Revue de presse 12.06.2015

Les choses vont de mal en pis entre la Grèce et ses créanciers. Alors que les négociations continuaient hier à Bruxelles, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de stopper les discussions. Les Européens sont excédés par l’entêtement de la Grèce à ne pas céder à leurs exigences de réformes.

Christine Lagarde

Depuis des mois, chacun s’attend à un accord entre la Grèce et les créanciers qui sauverait le pays du défaut de paiement et donc du "Grexit" (sortie de la Grèce de la zone euro). Mais Le Point affirme qu’hier, le FMI " a douché les espoirs d’un accord rapide".

Le Figaro rapporte qu’en raison de "divergences majeures dans des secteurs essentiels", les Grecs et le Fonds monétaire international (FMI) "ont interrompu leurs discussions" et chacun est rentré chez soi : les négociateurs du FMI à Washington, et les Grecs à Athènes.

Selon une source de La Tribune, "le FMI n'est pas seul en cause dans la rupture des négociations. Les créanciers européens ont également rompu les ponts". Le journal estime que l’attitude du Fonds monétaire international est un "énième moyen de faire pression sur Athènes pour lui faire accepter ce qui reste inacceptable pour le gouvernement grec".

Pour Le Figaro, "la tension se fait de plus en plus grande". Le porte-parole du FMI a affirmé qu'"un accord est encore loin", mais que "la balle était maintenant dans le camp grec".

Si le but commun est d’éviter un défaut de paiement de la part de la Grèce, les désaccords sur les réformes à mener persistent et personne, ni la Grèce, ni les créanciers, ne veut céder.

Résumant le sentiment général des créanciers, Jean-Claude Juncker a de son côté fait savoir qu'"une certaine impatience se fait sentir", et qu'il "partage ce sentiment".

Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré : "Il n’est plus temps de jouer, le jour approche où quelqu’un sonnera la fin de la partie […] le gouvernement grec doit se montrer un peu plus réaliste" [Euronews].

En effet, pour Les Echos, "les Européens sont à bout de patience" et le Premier ministre grec Alexis Tsipras se trouve maintenant "au pied du mur" ; "l’heure est venue pour [lui] de prendre ses responsabilités".

Pour parvenir à un accord, le FMI maintient sa position et exige des "coupes dans les retraites, des réformes du marché du travail et un objectif ambitieux d'excédents budgétaires primaires" [La Tribune].

Le représentant du FMI a expliqué que "les retraites et salaires représentaient 80% des dépenses du budget primaire grec et qu'il n'était pas possible pour Athènes d'atteindre les objectifs budgétaires fixés sans une réforme" [L’Express].

Pour Romaric Godin de La Tribune, tout espoir n’est pas perdu. Ce n’est pas la première fois que les négociations entre la Grèce et ses créanciers se sont interrompues, même si le calendrier très serré inquiète. La prochaine date importante dans ce dossier est fixée au 18 juin : l’Eurogroupe se réunira à Bruxelles, et la présidente du FMI Christine Lagarde devrait être présente.

Néanmoins, si un accord n’était pas trouvé, la Grèce ne pourrait pas payer les 1,6 milliard d’euros qu’elle doit au FMI et serait en situation de défaut de paiement. Dès lors, sa présence dans la zone euro "ne tiendra plus qu'à un fil".

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