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La France trop choyée par la Commission européenne ?

Revue de presse 05.03.2015

Alors que la France a récemment obtenu un délai de deux ans pour réduire son déficit public, la presse française ne manque pas de souligner l’écart entre le traitement de choc infligé à la Grèce et à son nouveau gouvernement, et la clémence européenne vis-à-vis de la France et de ses problèmes budgétaires.

La Commission européenne

Pour Europe 1, l’évidence est frappante : la Commission européenne fait preuve d’une indulgence bien plus grande pour la France que pour la Grèce.
Le correspondant à Berlin des Echos partage cet avis et souligne "la clémence inhabituelle vis-à-vis de Paris" de la part du gouvernement allemand, normalement si rigoureux. Cela s’explique par une volonté de réchauffer les relations franco-allemandes : un climat de confiance s’est en effet établi entre les deux pays au regard des dernières réformes menées par la France.

Toutefois, le quotidien allemand Die Süddeutsche Zeitung précise que toutes ces faveurs accordées à la France déplaisent outre-Rhin : entre le délai de deux ans pour réduire le déficit public et la très décriée nomination de Pierre Moscovici au poste de commissaire aux Affaires économiques et monétaires, le mécontentement des politiques allemands augmente de plus en plus envers le président de la Commission Jean-Claude Juncker.

L’Allemagne n’est pas la seule à se plaindre du traitement de faveur de l’exécutif européen : dans une tribune de L’Opinion, l’eurodéputée française et vice-présidente du groupe PPE au Parlement européen Françoise Grossetête critique vivement le délai de deux ans accordé à la France pour réduire son déficit budgétaire. Elle affirme que "sous couvert de sévérité, c'est bien une forme de laxisme coupable qui l'emporte" et estime que "les règles du Pacte de stabilité et de croissance, et les sanctions qui vont avec, doivent être appliquées sans délai à la France, comme à tout autre pays européen qui ne respecterait pas les règles fixées en commun."

D'après la députée européenne, ce délai permet au gouvernement français de reporter à nouveau les réformes structurelles nécessaires pour endiguer la dette publique. Et Mme Grossetête ne manque pas non plus de rappeler le risque de la montée du Front national en réponse au "manque de courage du gouvernement". La question est urgente puisqu’ "une faillite de la France [pourrait faire] sombrer l'Europe toute entière".

Les Echos considèrent de leur côté que la décision de la Commission demeure "équilibrée" et rappellent que malgré un laps de temps plus long pour éponger le déficit public, ce délai est assorti de règles plus strictes.

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