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La Crimée de l'Orient-Express

Revue de presse 18.03.2014

"Crimée châtiment après le référendum prorusse" titre aujourd'hui Libération. Les 28 ministres européens des Affaires étrangères ont en effet adopté hier des mesures de rétorsion à l'encontre de 21 hauts responsables ukrainiens et russes appartenant au cercle qui gravite autour de Vladimir Poutine.

Catherine Ashton Conseil Affaires étrangères 17 mars 2014

Suite au plébiscite des habitants de Crimée, dimanche, pour un rattachement à la Russie, les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE ont décidé de geler les avoirs et de supprimer les visas de 21 personnalités proches du chef du Kremlin. "Nous essayons d’envoyer le message le plus fort possible à la Russie afin qu’elle comprenne combien la situation est grave", avait indiqué la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton à la suite du référendum [Libération]. Ces mesures européennes sont appuyées par des sanctions similaires adoptées hier par les Etats-Unis contre 11 personnes [Euronews], mais qui apparaissent plus strictes [Le Monde].

L'Union européenne agit enfin, mais pas assez fort. Un manque de fermeté dont fait écho la presse comme Le Figaro qui titre "Ukraine : les Européens ménagent le Kremlin" ou encore Le Parisien qui revient également sur la déception liée à l'ampleur des sanctions européennes.

De fait, Vladimir Poutine ne semble pas s'inquiéter des sanctions prises par les Occidentaux, alors même que la Russie a immédiatement reconnu l'indépendance de la Crimée hier, après la décision du parlement de la province ukrainienne [Euronews]. Natalia Akindinova, directrice à l'École des hautes études économiques, nuance toutefois la sérénité affichée par le gouvernement russe : "à court terme, le pouvoir pourra mobiliser les réserves budgétaires et financières du pays pour contrecarrer l'influence des sanctions économiques. Mais, dans la mesure où le développement à long terme de la Russie est lié à des projets de partenariat avec l'Occident, celui-ci sera évidemment entravé et l'effet dans quelques années sera négatif" [Le Figaro]. Eamon Gilmore, vice-Premier ministre irlandais, partage cette vision : " la Russie est beaucoup plus interconnectée avec le reste du monde. Le bien-être de ses entreprises comme de ses habitants dépend davantage des autres. On a pu noter cette interconnexion au début de la crise quand le rouble s'est effondré. C'est pourquoi les sanctions économiques ne doivent pas être négligées" [Les Echos].

Les Occidentaux se tiennent prêts à prendre d'autres mesures pour riposter à de nouveaux mouvements russes. Le président américain Barack Obama a ainsi averti que  "de nouvelles provocations ne feront qu'isoler davantage la Russie et réduire sa stature dans le monde" [Le Point]. L'UE est également dans les starting blocks : "il est possible d’ajouter d’autres mesures. Cette liste n’est pas gravée dans le marbre. Il sera possible d’ajouter d’autres noms à l’avenir en fonction de la réaction de la Russie" a indiqué William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères [Euronews].

Face à cet avenir incertain des relations russo-européennes, le secteur bancaire européen affiche une grande prudence et s'interroge sur les conséquences que pourrait avoir le retrait, voire la nationalisation, des avoirs russes présents dans les établissements européens [Les Echos] : "le pire des scénarios reste la nationalisation des actifs, mais il reste très hypothétique" estime l'analyste Jean-Pierre Lambert. L'Opinion pointe aussi l'inquiétude des entreprises face aux sanctions.

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