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La Commission européenne veut promouvoir l'intelligence artificielle dans l'UE

Revue de presse 26.04.2018

Mercredi 25 avril, l'exécutif européen a présenté un plan pour l'intelligence artificielle dans l'Union européenne. La Commission européenne se place comme un coordinateur en chef pour le développement des politiques nationales dans ce domaine.

Intelligence artificielle

Crédits : iStock

Rattraper la concurrence

"Mettre l'intelligence artificielle [IA] au service des citoyens et des entreprises européennes. Tel est le but de la Commission européenne", résume Le Figaro.  Bruxelles appelle ainsi "les entreprises et les gouvernements européens à investir dans le secteur, en misant en priorité sur la santé, le transport ou l'agriculture". L'objectif de la Commission est de pouvoir affronter "la forte concurrence internationale qui exige une action coordonnée de la part de l'UE si celle-ci souhaite être en première ligne dans le développement de l'IA", souligne-t-elle dans un communiqué repris par Le Point. En effet, "son but est de rattraper les Etats-Unis, mais aussi la Chine, qui a annoncé en 2017 un plan d’investissement public de 22 milliards de dollars (18 milliards d’euros) d’ici à 2020" [Libération].

Cependant les sommes déboursées ne sont pas le seul enjeu. La Libre (Belgique) rapporte à cet égard la réflexion du commissaire à la Recherche, la Science et l’Innovation, Carlos Moedas, selon qui "la question est moins de savoir combien on va investir, mais dans quoi on va investir".

Encourager les Etats à investir

Le journal belge poursuit en annonçant que l'UE compte sur un investissement des Etats et du secteur privé pour "20 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année 2020" en faveur de l'IA. La Commission entend elle-même "consacrer 1,5 milliard d’euros pour la période 2018-2020 dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020". De plus, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (plan Juncker) "sera aussi mobilisé, à hauteur de 500 millions d’euros, afin d’aider les entreprises et les start-ups à investir dans l’IA".

Contexte rappelle en outre que la Commission ne dispose pas des compétences juridiques pour imposer une politique dans le domaine de l'IA et qu'elle ne peut que donner des pistes aux gouvernements et aux entreprises. Dans ce contexte, elle encourage "les États à avoir une stratégie nationale qui prévoit des investissements concrets".

Fin mars, le président français Emmanuel Macron avait devancé les recommandations de la Commission en présentant "un plan pour que son pays ne rate pas le train de l’intelligence artificielle" [Le Point]. Libération précise que l'Etat français y "consacrera 1,5 milliard d’euros d’ici à 2022". De plus, dans un discours prononcé en septembre 2017, "M. Macron avait proposé la création d’une Agence européenne pour l’innovation pour financer des champs de recherche nouveaux comme l’intelligence artificielle".

Réflexion éthique

La Libre explique que "les dimensions éthiques et juridiques ne sont pas absentes de la réflexion de la Commission". Cette dernière, par l'intermédiaire de la commissaire en charge de l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, a par exemple rappelé que "les robots ne seront jamais des êtres humains". Une opinion partagée par un autre membre de l'exécutif européen, Andrus Ansip, vice-président en charge du Marché unique numérique, sité par Euronews : "j'ai plusieurs robots à la maison (…) dont un aspirateur. Je ne pense pas qu'un aspirateur puisse avoir des droits".

Bruxelles compte présenter un rapport sur cette question, en accord avec "la Charte européenne des droits fondamentaux (…), d’ici la fin de l’année" 2018 [La Libre]. Pour Libération, cela fait suite "à une déclaration signée le 10 avril par 24 pays de l’UE et la Norvège, qui se déclarent prêts à unir leurs forces dans l’IA". Ainsi, la Commission "va débuter un travail avec ces pays afin de présenter un plan coordonné sur l’IA".

Accès aux données et bouleversement de l'emploi

C'est également à la Commission que revient le pouvoir de "faciliter l’accès aux données au niveau européen". Pour Contexte, "elle compte bien le faire", d'autant que les "données constituent souvent la matière première des technologies liées à l'IA" [Le Point]. Andrus Ansip a ainsi annoncé que "nous devons donner accès aux données à nos propres entreprises. Cela doit être notre priorité". Pour ce faire, il a présenté une révision de la directive "sur l’accès et la réutilisation des données publiques" qui touche des domaines aussi variés que l'économie, la finances, la météo et les registres des entreprises. Contexte explique que la "nouvelle version du texte y intègre notamment les données de recherche et de transport". La proposition devra libérer davantage de "données du secteur public en vue de leur réutilisation, y compris à des fins commerciales, ce qui réduira le coût d'accès", explique M. Ansip [Le Point].

Selon Contexte, la Commission souhaite également aider les citoyens à "anticiper les changements socio-économiques induits par l’intelligence artificielle, particulièrement sur le marché de l’emploi". En effet, il existe un réel "risque de disparition de certains métiers à cause de la robotisation". Par conséquent, les Etats membres sont incités à agir dans l'éducation pour préparer les citoyens aux changements induits par l'IA dans l'économie et la société.