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La Belgique va remettre Salah Abdeslam à la France

Revue de presse 01.04.2016

Principal suspect encore en vie des attentats du 13 novembre, Salah Abdeslam a été arrêté le 18 mars à Bruxelles, après quatre mois de planque dans sa ville d'origine de Molenbeek. A la suite des attaques du 22 mars à l'aéroport de Zaventem et dans le métro bruxellois – qui ont fait 32 victimes – il a refusé de coopérer davantage avec la police belge et a accepté son transfèrement vers la France, qui a lancé un mandat d'arrêt européen contre lui.

Abdeslam

S. Abdeslam en France dans une dizaine de jours

"La justice belge a donné son feu vert à l'extradition vers la France de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre, attendue par les autorités françaises pour faire la lumière sur le réseau djihadiste derrière les tueries de Paris et Bruxelles" annonce La Dépêche. Le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a indiqué que "sauf circonstances exceptionnelles, il sera transféré en France dans un délai de dix jours".  

Le Point indique qu'après son arrestation le 18 mars dernier à Molenbeek, Salah Abdeslam a dans un premier temps collaboré avec la justice belge, en minimisant son rôle dans les attentats de Paris : il reconnaît avoir "voulu se faire exploser au Stade de France" le soir des attentats, avant d'avoir fait "machine arrière". Il minimise son rôle dans la préparation des attaques "chargeant son frère Brahim et Abdelhamid Abaaoud, ami d'enfance qu'il dit à peine connaître".

Des polémiques ont par ailleurs éclaté quant aux interrogatoires d'Abdeslam menés par les Belges "avant et après les explosions de Zaventem et du métro Maelbeek. Certains observateurs estiment qu’il aurait pu livrer des éléments sur les projets qui avaient été élaborés par les membres de cellules, avec lesquels il était en relation, mais qu’il n’a pas été mis suffisamment sous pression" [Le Monde].

D'ailleurs La Dépêche estime que "son arrestation après plus de quatre mois de cavale semble en outre, selon les enquêteurs, avoir précipité le triple attentat-suicide à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles".

Dès le 22 mars, il invoque son droit au silence, selon Le Monde. Par la voie de son avocat Sven Mary, il a fait savoir qu’il veut être livré le plus rapidement possible aux autorités françaises "pour pouvoir s’expliquer" et jeudi matin il a de nouveau confirmé souhaiter "collaborer avec les autorités françaises".

Reste à savoir s'il sera effectivement coopératif, car France Inter rappelle que "l'enquête a établi qu'Abdeslam était lui-même au cœur de la logistique des attentats. Et s'il a déclaré qu'il avait renoncé à se faire exploser au Stade de France, on ne sait toujours pas pourquoi il a quand même rejoint ensuite la cellule terroriste". François Molins, procureur de Paris cité dans La Dépêche, estime en effet qu' "il a eu un rôle central dans la constitution des commandos du 13 novembre en participant à l'arrivée d'un certain nombre de terroristes en Europe et dans la préparation logistique des attentats".

C'est aussi Salah Abdeslam qui est soupçonné d'avoir convoyé le 13 novembre les kamikazes du Stade de France dans une Clio noire, louée à son nom, puis d'avoir déposé la voiture dans le 18e arrondissement de Paris et abandonné un gilet d'explosifs à Montrouge [Le Point].

L'enquête belge se poursuit, l'aéroport de Bruxelles ouvert partiellement samedi

"Pendant ce temps, les enquêteurs belges recherchent toujours des complices présumés du Molenbeekois et d’autres suspects qui pourraient avoir été impliqués dans les attentats de Bruxelles". En haut de la liste, "l'homme au chapeau", qui pourrait selon certaines sources "être le Syrien Naïm Al-Hamed – sans doute un faux nom –, dont des traces ont été retrouvées dans l’appartement de la rue Max-Roos à Schaerbeek, utilisé par les terroristes de l’aéroport" [Le Monde]. Le quotidien français indique également qu'au total, huit individus au moins, réputés "très dangereux", figureraient sur la liste des personnes à rechercher.

En ce qui concerne les conséquences directes des attentats de Bruxelles, l'aéroport de Zaventem, première cible des kamikazes et dont le hall des départs a été dévasté par deux explosions, est toujours fermé au trafic aérien. L'opérateur privé Brussels Airport a toutefois annoncé hier qu'après une série de tests, l'aéroport est "techniquement prêt" à accueillir une partie des vols, mais pas avant samedi 2 avril. "En quelques jours, Brussels Airport a fait ériger une infrastructure provisoire permettant de traiter l’enregistrement de huit cents passagers par heure, soit moins de 20 % de la capacité normale de l’aéroport" [Le Monde]. Il faudra donc du temps avant que l'aéroport puisse opérer comme avant les attentats.

En parallèle, "des syndicats de police belge ont agité jeudi soir la menace d'une grève, réclamant que toutes les personnes arrivant dans le hall des départs temporaire soient contrôlées au préalable" [La Dépêche]. Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon leur a affirmé "comprendre les soucis qu'ont les policiers de l'aéroport en matière de sécurité" mais a insisté sur la "reprise du service qu'un Etat doit donner" [La Libre.be].

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