Derniers articles publiés

L'Ukraine se détourne de l'UE au profit de l'Est

Revue de presse 22.11.2013

Alors que son cœur balançait entre un rapprochement avec Bruxelles ou un retour dans le giron de Moscou, l'Ukraine a enfin fait son choix. Kiev a renoncé, jeudi 21 novembre, à l'accord d'association proposé par l'UE, une semaine avant sa signature à Vilnius prévue de longue date. Préférant ménager son voisin russe, le Parlement ukrainien a rejeté les textes permettant le transfert à l'étranger de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, condition sine qua non de l'alliance entre Kiev et Bruxelles.

drapeaux russe et ukrainien

"L’accord à Vilnius ne sera pas signé (...) Notre mission s’achève", a déclaré l’ex-président polonais Aleksander Kwasniewski, émissaire européen présent dans la capitale ukrainienne cité par Libération.

M. Kwasniewski a expliqué la décision de Kiev par "une pression très brutale de Moscou, aussi bien médiatique qu’économique", conduisant pratiquement à l’arrêt des exportations ukrainiennes vers la Russie, alors que "les caisses de l’Etat ukrainien sont vides".

"C’est une grande bataille géopolitique, une bataille pour l’avenir du continent européen", a-t-il affirmé.

Un dirigeant de l'opposition en Ukraine, Arseni Iatseniouk a, quant à lui,  accusé de "haute trahison" le président pour avoir refusé de signer cet accord historique et a exigé sa destitution. "Ce n'est pas un choix entre l'Ouest et l'Est, c'est un choix entre l'avenir et le passé", a-t-il ajouté [Le Monde].

Catherine Ashton, la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, a exprimé sa "déception" après ce renoncement. "Nous pensons que l'avenir de l'Ukraine réside dans une relation forte avec l'UE et nous restons fermement engagés auprès du peuple ukrainien, qui aurait été le principal bénéficiaire de l'accord grâce au surcroît de liberté et de prospérité qu'aurait apporté l'accord", a-t-elle déclaré, citée par Le Monde

La décision de Kiev n'est pourtant pas totalement une surprise, commentent Les Echos. Quelques heures auparavant, le Parlement avait rejeté tous les projets de loi permettant le transfert à l'étranger de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, hospitalisée depuis avril 2012. Pourtant, plusieurs dirigeants européens avaient souligné par avance que la signature de l'accord d'association au sommet du Partenariat oriental de l'UE les 28-29 novembre serait Incarcérée depuis 2011, l'ex-Premier ministre purge une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir.

Pour l'UE, qui a redoublé d'efforts et de mises en garde en vue d'un compromis, il s'agit d'un échec cuisant. Pour la Russie, c'est, après la Syrie, une nouvelle victoire diplomatique, note Le Figaro.  Il y a encore un mois, malgré les pressions russes, la signature d'un accord avec l'UE semblait en bonne voie. Mais le discours officiel a brusquement changé après une rencontre impromptue, à la mi-novembre, des présidents Viktor Ianoukovitch et Vladimir Poutine.

Depuis Vienne, le Président urkrainien a assuré jeudi que son pays continuerait, malgré "les difficultés", à "travailler sur la voie de l'intégration à l'UE". La présidente lituanienne, dont le pays assure la présidence tournante de l'Europe, lui avait fait pourtant savoir la veille que l'accord d'association pourrait être durablement retardé en cas d'échec du sommet de Vilnius et que "la pause dans les relations (entre l'UE et l'Ukraine) pourrait durer très longtemps" [Le Figaro].

Les autres sujets du jour

Commerce extérieur