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L'Ukraine isolée face à l'optimisme russo-franco-allemand

Revue de presse 20.02.2015

Les combats continuent en Ukraine, piétinant le cessez-le-feu négocié péniblement en Biélorussie la semaine dernière. Petro Porochenko, président ukrainien, réclame une intervention de l'ONU, mais la Russie, la France et l'Allemagne veulent continuer à croire en la possible réussite des accords de Minsk.

Petro Porochenko et Johannes Hahn

"L'accord de cessez-le-feu en Ukraine, laborieusement conclu la semaine dernière dans la capitale de la Biélorussie, serait-il voué au même sort que son prédécesseur ?", se demande Le Monde. Pour le site du quotidien, "les séparatistes prorusses de l’est du pays entendent y former un Etat croupion, sous la tutelle du Kremlin, comme la Russie en a constitué en Géorgie et en Moldavie (…), taillé à coups de canon, en dépit des promesses de Moscou de respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine".

Pour Le Figaro, "la chute de la ville stratégique de Debaltseve, dans l'est du pays, aux mains des séparatistes prorusses, a porté un coup sévère au processus de paix. Mais la France et l'Allemagne, parrains de la feuille de route 'Minsk 2', veulent croire que ce n'est pas encore un coup fatal". De son côté, la Russie affirme aussi croire à la réussite de cet accord, puisque "Vladimir Poutine a promis de 'faire pression sur les séparatistes'", mais le site du quotidien souligne "que son pays commençait au même moment à livrer du gaz directement aux zones rebelles". Selon Libération, l'Ukraine est "lâchée de tous les côtés". "Sans grand espoir, le président Porochenko en appelle à l’ONU, qui se défausse sur l’OSCE", explique le site du quotidien. "Sans armes et sans protecteurs, l’Ukraine se retrouve bien seule au monde", conclut le journal. "L'appel du président ukrainien au déploiement d'une 'mission de police européenne', sous mandat de l'ONU, a été aussitôt rejeté par Moscou et les insurgés", rapporte Le Figaro.

La position franco-allemande a été sévèrement critiquée par le parlement britannique dans un rapport publié aujourd'hui, qui parle d'une "erreur d'interprétation catastrophique" et qui "s'en prend virulemment à la gestion européenne de la crise en Ukraine", affirme Le Monde. "La menace posée par Vladimir Poutine à l'Europe est équivalente à celle de l'État islamique, estime le ministre britannique de la Défense Michael Fallon", rapporte Le Figaro. "Il craint une campagne de déstabilisation, d'infiltration et de propagande comme aux débuts du conflit ukrainien en Estonie, en Lituanie ou en Lettonie, des pays à forte population russe", note le site du quotidien. Pourtant, "Londres et Madrid restent opposés à un soutien militaire à Kiev", expliquent Les Échos. "Dans ce contexte, Londres a annoncé jeudi avoir dû escorter la veille deux bombardiers russes Tupolev Bear longeant son espace aérien, quelques semaines après un incident similaire en janvier qui avait conduit à la convocation de l'ambassadeur de Russie à Londres", rappelle Le Figaro.

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