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L'Ukraine, entre marteau russe et enclume européenne

Revue de presse 13.12.2013

Le président russe Vladimir Poutine a fait miroiter à l’Ukraine, jeudi 12 décembre, les avantages économiques d’un rapprochement avec Moscou, alors que les opposants favorables à l’UE ont entamé à Kiev leur quatrième semaine de contestation après la volte-face du pouvoir sur l’intégration européenne.

A Bruxelles, l’Union européenne a proposé à l’Ukraine de préparer une "feuille de route" pour la mise en œuvre d’un accord d’association, à condition que Kiev s’engage clairement à signer cet accord [Libération].

 

Poutine & Merkel

Le président russe a saisi l'occasion de son traditionnel discours sur l'état de la nation pour inciter Kiev à adhérer à l'union douanière constituée depuis 2010 entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan.

Viktor Ianoukovitch est confronté depuis trois semaines au plus grand mouvement de contestation en Ukraine depuis la "révolution orange" de fin 2004 pour avoir renoncé à signer un partenariat avec l'Union européenne, privilégiant une relance des relations avec Moscou.

Mais le président ukrainien, qui cherche le meilleur moyen pour l'ex-république soviétique de sortir de graves difficultés financières, continue de jouer sur les deux tableaux [Challenges].

Alors que l’UE et les Etats-Unis soutiennent l’opposition ukrainienne, Washington évoquant même la possibilité de sanctions contre le pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, Vladimir Poutine a assuré jeudi que la porte de l’Union douanière conduite par Moscou restait ouverte pour l’Ukraine et que ce projet d’intégration était préférable pour Kiev.

"Nous n’imposons rien à personne, mais si nos amis le souhaitent, nous sommes prêts à poursuivre le travail en commun" sur la participation de l’Ukraine à l’Union douanière qui rassemble pour l’instant la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, a déclaré M. Poutine [Libération].

 La diplomatie européenne s'active également de son côté pour ne pas perdre le contact avec l'Ukraine, de loin le plus important des six pays du « partenariat oriental », cette stratégie de l'UE visant à stabiliser et attirer dans son orbite les pays  issus de l'ancien espace soviétique.

A Kiev, Catherine Ashton a rencontré l'opposition et la société civile. Elle s'est surtout entretenue à deux reprises avec Viktor Ianoukovitch. Mardi 10 décembre, après leur première et longue rencontre, le président ukrainien a évoqué une reprise des négociations avec l'Europe sur l'accord de coopération de libre-échange, et il a assuré que ses efforts de rapprochement ne "s'arrêteraient pas". Cette manière de tenter de calmer ses opposants était assortie d'une précision importante. L'Ukraine ne pourra pas, a expliqué le président ukrainien, parler de son avenir sans restaurer ses relations commerciales avec Moscou. Avant d'ajouter  "Je suis catégoriquement contre l'idée d'opposer les relations avec l'Europe et les relations avec la Russie" [Le Monde].

Stefan Füle, commissaire européen à l'Elargissement, a quant à lui répété que l'offre de l'accord d'association était "toujours sur la table" et que l'UE était "prête à le signer dès que les autorités ukrainiennes seront prêtes et auront démontré leur engagement". "Compte tenu de la détérioration rapide de la situation économique et politique, plus vite l'Ukraine clarifiera ses intentions, plus vite nous pourrons commencer et finir notre travail", a–t-il déclaré cité par Les Echos

Il a également promis que le soutien financier de l'UE serait "à la hauteur des ambitions" de l'Ukraine. Mais il s'est refusé à donner des chiffres, alors que le Premier ministre ukrainien avait demandé mercredi à l'UE une aide de 20 milliards d'euros.

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