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L'Ukraine compte ses morts, l'UE se réveille

Revue de presse 21.02.2014

"Le pire" titre François Sergent dans son éditorial de Libération. En effet, après l'horreur de la journée d'hier qui a fait selon les estimations entre 60 et 100 morts malgré la trêve annoncée mercredi par le pouvoir ukrainien, la presse française revient sur l'état et les perspectives de l'Ukraine ainsi que sur les efforts très critiqués de l'Union européenne alors que les ministres des Affaires étrangères français, polonais et allemand ont rencontré le président ukrainien Viktor Ianoukovitch jeudi pour négocier une sortie de crise.

Conseil Affaires étrangères 20 février 2014 situation en Ukraine

Si les chiffres officiels du ministère ukrainien de la Santé font état de 75 morts depuis mardi, l'opposition annonce 100 victimes pour la seule journée de jeudi [Libération]. Un "climat de terreur et de haine" [Le Parisien] règne à Kiev et le mot de "guerre civile" circule abondamment.

"Le président Ianoukovitch n'est plus le représentant légitime de l'Ukraine" titre l'article du Monde de Marie Mendras, politologue au CNRS et au CERI-Sciences Po, dans lequel cette dernière indique que le président ukrainien est encore debout uniquement grâce au soutien de la Russie. Une perte de légitimité sur laquelle reviennent également Le Figaro, Libération ou encore Le Parisien qui titre "Poutine, le parrain du régime de Kiev".

Outre la crise politique, la situation économique est également préoccupante. Alors que le pays est "au bord de la faillite" [Le Figaro], l'annonce de la suspension de l'aide russe ne devrait pas infirmer la tendance [Le Figaro].

Pendant ce temps, les tentatives européennes d'influer sur le pouvoir sont très critiquées malgré l'urgence de la situation que confirme un communiqué du gouvernement allemand reprenant la discussion entre Angela Merkel, Vladimir Poutine et Barack Obama : "La chancelière et les présidents se sont accordés pour dire qu'il fallait trouver une solution politique à la crise en Ukraine le plus rapidement possible et que le bain de sang devait cesser" [Libération]. Libération parle de "rares, tardives et vraisemblablement impuissantes mesures prises par l'Occident". L'Europe est notamment décrite comme "impuissante" [L'Express] et François Sergent de se demander "combien faudra-t-il de morts pour que l'Union européenne réagisse ?" [Libération].

L'Union européenne a ainsi dépêché à Kiev une troïka pour "négocier in extremis" avec le président Ianoukovitch [Libération]. Une visite qui intervient en parallèle des sanctions contre des responsables ukrainiens annoncées par Bruxelles [Le Monde][La Tribune]. Dans une interview accordée à La Croix, l'eurodéputé de droite Arnaud Danjean s'exprime sur l'efficacité de telles sanctions.

A l'issue des négociations entre le pouvoir ukrainien, l'opposition et les trois chefs français, polonais et allemand de la diplomatie, Laurent Fabius, Radoslaw Sikorski et Frank-Walter Steinmeier, aucun accord n'a pu être trouvé, notamment sur le sujet d'élections anticipées. Des concessions ont toutefois été faites par Viktor Ianoukovitch, mais principalement dûes à la pression russe selon Le Figaro, "toujours en embuscade" [Libération] et qui continue à considérer les agissements européens comme suspects.

Le Figaro revient également sur les réactions américaines, alors que des restrictions de visas ont été annoncées pour les dirigeants ukrainiens impliqués dans la répression. Un engagement de Washington toutefois limité, comme l'indique L'Opinion dans son article "Ukraine : les Etats-Unis laissent l'Europe en première ligne", dans lequel est expliqué l'attitude d'Obama qui ne "veut pas renouer avec une atmosphère de guerre froide avec Moscou".

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