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L'UE, spectatrice d'un nouveau démembrement de l'Ukraine ?

Revue de presse 12.05.2014

Parmi les sept millions d'électeurs des régions du Donbass (Donetsk et Lougansk), 89% se seraient prononcés en faveur de l'autonomie de leur province lors du référendum d'autodétermination qui s'est tenu hier. Un vote jugé illégal par l'Europe et les Etats-Unis qui peinent à se mobiliser face à la répétition du scénario criméen intervenu il y a presque deux mois.

Conseil Affaires étrangères 15 mai 2014 Ukraine et sanctions contre la Russie

"L'est de l'Ukraine vote contre Kiev" titre Le Parisien. Les séparatistes pro-russes annonçaient hier soir la victoire du "oui", mais ces résultats sont hautement contestables puisque Le Monde rappelle qu'il n'y a eu aucune procédure d'enregistrement officielle et que les observateurs neutres, ainsi que de nombreux médias, ont été bannis des lieux de scrutin. La Croix fait toutefois état de l'abstention des partisans du "non". Les résultats pourraient mener de nouveau à une dislocation de l'Ukraine rapporte Le Figaro, tandis que le Journal du Dimanche parle d'un "référendum de la déchirure" et Le Figaro d'un "point de non-retour".

Mais avant la contestation des résultats, c'est la nature même du référendum qui est dénoncée : "farce criminelle" financièrement soutenue par Moscou, "le référendum (...) est juridiquement nul et n'aura aucune conséquence juridique pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine" avait annoncé le ministère ukrainien des Affaires étrangères [Le Monde].

Les Européens persistent dans leurs divisions quant aux sanctions à appliquer à la Russie [Euractiv]. Libération précise que la présidentielle ukrainienne sera le déclencheur des réactions européennes. Toutefois, lors du déplacement samedi du Président français outre-rhin, la France et l'Allemagne ont annoncé d'une même voix un durcissement des sanctions à l'égard de la Russie [Le Figaro]. De leur côté, les Etats-Unis restent sur leur position de riposte graduée face à Moscou indique Le Figaro, même si la définition de cette notion entraîne de nombreux clivages outre-Atlantique.

Face à cette situation, le spécialiste et professeur Dominique Moïsi appelle de ses vœux à un "indispensable sursaut de l'Europe face aux ambitions russes" [Les Echos]. Il fustige la perte des valeurs de l'Europe au profit d'un "réalisme énergétique" qui serait aux commandes de l'immobilité européenne pour aider l'Ukraine. "C'est précisément parce que l'Amérique n'est plus tout à fait elle-même, au moment où la Russie impériale renaît, que l'alliance des Européens autour de leurs valeurs est plus que jamais indispensable" plaide-t-il. Dans La Tribune, Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, et Olivier Védrine, président du Continental University Business-School à Kiev, somment également l'Europe d'agir, et notamment la société civile.

Si les Européens et les Américains ne semblent pas changer radicalement de stratégie face à la Russie et aux indépendantistes, le Kremlin, quant à lui, opte pour un ton sensiblement différent  – en apparence – et affiche une volonté d'apaisement [Libération].

"La tournée à risque de Hollande dans le Caucase" titrent Les Echos. En effet, la crise ukrainienne est au cœur de la tournée dans le sud Caucase de François Hollande. De Bakou, sa première étape, le Chef de l'Etat a dénoncé "de vraies-fausses consultations nulles et non avenues" [Libération]. D'Azerbaïdjan, il a rejeté l'issue de la consultation en insistant sur l'échéance des présidentielles ukrainiennes du 25 mai prochain : "ce qui va compter à mes yeux, la seule élection qui vaudra, c'est celle du 25 mai, l'élection qui va permettre de désigner le président de toute l'Ukraine, (…) la seule autorité légitime" [Le Monde]. Toutefois, si le président affiche une position ferme face à la Russie, il s'agit d'une tournée délicate – étant donné la proximité du sud Caucase avec la Russie et les conflits gelés existants – et il ne s'agirait pas d'envenimer la situation [La Croix].

Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, est en déplacement à Kiev ce lundi, pour la première fois depuis le début de la crise, en signe de soutien de l'UE à l'Ukraine, tandis que les 28 ministres des Affaires étrangères sont réunis à Bruxelles pour discuter de nouvelles sanctions possibles vis-à-vis de la Russie [Libération].

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