Derniers articles publiés

L’Italie ne veut plus être seule face aux réfugiés

Revue de presse 15.06.2015

200 migrants ont tenté ce week-end de passer la frontière italienne pour rejoindre la France mais ont été refoulés par la police. Si elle coopère actuellement avec ses voisins sur la gestion des réfugiés, l’Italie étouffe sous le poids migratoire et exige plus de solidarité de la part des pays de l’Union européenne.

Matteo Renzi

Depuis le jeudi 11 juin, environ 200 migrants se sont rassemblés à la frontière franco-italienne, près de la ville de Vintimille, pour essayer de pénétrer l’Hexagone. Mais les gendarmes français les ont empêchés pendant plusieurs jours de traverser la frontière.

Puis, samedi dernier, Libération rapporte que la police italienne, "[équipée] de casques, visières et boucliers", est intervenue pour repousser et disperser "sans ménagement" ces migrants qui "viennent notamment de Somalie, d’Erythrée, de Côte d’Ivoire ou du Soudan".

Les autorités italiennes ont affirmé que le but de cette opération était de "les emmener en bus vers des centres d'accueil de la province d'Imperia".

Si beaucoup ont obtempéré, quelques dizaines n’ont pas voulu quitter la frontière : "les migrants étaient réfugiés sur des rochers, en bord de mer, en contrebas de la route qui conduit en France" et ont manifesté, "pancartes et slogans à l'appui, leur désir de gagner divers pays européens", indique Le Figaro.

Ils revendiquent ainsi le droit à la paix, à la liberté, au travail et "[demandent] pacifiquement qu’on les laisse passer pour qu’ils puissent gagner le pays européen de leurs rêves" [Libération].

Si une aide humanitaire était présente pour approvisionner les réfugiés en eau et en nourriture, certains d’entre eux ont refusé de s’alimenter en signe de protestation contre le blocage de la frontière entre la France et l’Italie.

Le Monde précise que la plupart des pays limitrophes de l’Italie, comme la France, la Suisse et l’Autriche ont "bouclé leurs frontières" face à l’afflux massif de réfugiés sur le territoire européen, les rendant "infranchissables".

Les Echos annoncent que "la crise des migrants africains […] s’envenime en Europe".

Pour La Croix, si l’Italie "se montre solidaire dans la gestion policière de ses frontières communes", elle risque aussi de changer d’attitude si les autres pays européens ne se montrent pas plus solidaires en ce qui concerne l’accueil des migrants sur leurs terres.

D’autant plus que les ministres de l’Intérieur des 28 Etats membres se réunissent aujourd'hui à Luxembourg afin d’organiser "le renforcement de la solidarité" ainsi que "la répartition dans les différents pays européens des migrants éligibles au statut de réfugiés".

Le président du Conseil italien Matteo Renzi attend beaucoup de cette réunion. Il estime en effet que cette crise migratoire "est un problème sérieux et, que ce soit bien clair, les réponses de l'Europe n'ont pas jusqu'à maintenant été suffisamment bonnes". Avant d’ajouter une menace à peine voilée : "Si l'Europe choisit la solidarité, c'est bien. Si elle ne le fait pas, nous avons un 'plan B' tout prêt. Mais qui frapperait surtout l'Europe en premier" [Le Point].

La Croix interprète ces propos et estime qu’ils signifient que "l’Italie pourrait relâcher ses efforts pour maîtriser les flux". Elle l’a d’ailleurs déjà fait en 2011, au cours du printemps arabe.

Selon Le Monde, l’Italie "demande aussi une modification de la Convention de Dublin, qui prévoit que les demandeurs d’asile postulent dans leur pays d’entrée en Europe". Une règle que le pays voit comme "injuste" puisqu’elle le contraint de gérer des milliers de demandeurs d’asile arrivés sur son territoire.

En réponse à cette crise, la Commission européenne a proposé un mécanisme obligatoire de répartition de 40 000 réfugiés entre les Etats membres.

Mais "l'UE a du mal à réunir un consensus autour de son programme de répartition des migrants" note Le Figaro, au vu des "réactions ont été très tièdes, voire carrément hostiles", selon Les Echos : "les anciens pays de l’Est et les Baltes ne veulent pas entendre parler de répartition obligatoire", la France et l’Allemagne sont pour, mais exigent des conditions suspensives, tandis que la Grande-Bretagne, le Danemark et l’Irlande n’ont pas d’obligation de participer au dispositif.

Les autres sujets du jour

Pays de l'UE