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L'Islande snobe le référendum pour rester hors de l'UE

Revue de presse 27.02.2014

Candidate à l'adhésion européenne depuis 2010, l'Islande pourrait retirer brusquement cette candidature sans consulter les citoyens de l'île, selon la volonté du gouvernement. Une décision qui fait grincer des dents les Islandais puisque les deux partis au pouvoir – les partis du Progrès et de l'Indépendance – avaient promis la tenue d'un référendum sur cette question. La presse européenne souligne la colère des citoyens islandais face à cette initiative, revient sur leur demande de référendum et analyse les enjeux de l'adhésion de l'Islande à l'UE.

Islande référendum adhésion

Si la volonté de rejoindre l'UE est faible en Islande (25% soutiennent ce projet), la proposition de loi présentée vendredi 21 février par le gouvernement eurosceptique a déclenché un tollé au sein de la population. "UE : 30 000 Islandais exigent un référendum" titre Le Figaro qui explique que, bien que majoritairement opposés à l'adhésion de l'île à l'UE, les Islandais sont attachés à la tenue d'un référendum sur le sujet. La pétition, qui a été lancée par le groupe d'organisations pro-UE Ja Island ("Oui, Islande"), recueille déjà aujourd'hui plus de 35 000 signatures, ce qui équivaut à un Islandais sur dix [La Tribune].

"La question européenne résume le dilemme auquel l'Islande est régulièrement confrontée : s'ouvrir à l'extérieur ou bien jouer la carte du repli", explique l'économiste Asgeir Jonsson [Le Monde]. Un sujet qui divise aussi bien la population que le gouvernement, souligne Le Figaro. Le site revient sur la volonté, singulière au sein du Parti de l'Indépendance au pouvoir, de la présidente du groupe au Parlement, Ragnheidur Rikhardsdottir, de poursuivre les négociations d'adhésion jusqu'à ce que le référendum décide de leur suspension.

Le principal point de blocage dans les négociations avec l'UE concerne la politique commune de la pêche [Les Echos], alors que l'économie islandaise repose en grande partie sur les exportations de ce secteur [Le Monde]. De plus, le quotidien souligne que la force de l'euro par rapport à la couronne islandaise est un argument de plus au refus de rejoindre l'UE et la zone euro, un projet qui avait été envisagé aux premiers temps des négociations, avant la crise économique et financière.

L'ambiance actuelle est de mauvais augure pour le gouvernement, comme l'indique le spécialiste de l'Islande contemporaine, Michel Sallé : "Cela laissera des traces dans la relation des Islandais avec leurs dirigeants, qui s'est dégradée depuis la crise" [Le Monde]. L'évolution de la situation suscite peu d'optimisme chez les partisans de l'Europe, le gouvernement ayant dissous le comité de négociation qui traitait avec Bruxelles [Le Figaro].

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