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L'Iran soigne ses relations avec l'Europe

Revue de presse 27.01.2016

"L'accord sur le nucléaire et la levée des sanctions économiques ouvrent une nouvelle ère dans les relations entre l'Iran et l'Occident", indique le Figaro. Effectivement, il n'aura fallu qu'une semaine avant qu'Hassan Rohani, président de l'Iran, ne se lance dans une tournée européenne, entre relations publiques et signatures de contrats. Pays en pleine croissance, avec un appétit de consommation immense, l'Iran représente en effet un marché de 80 millions d'habitants que les Etats européens entendent conquérir. Au risque de détourner le regard sur certains fondamentaux de l'Etat de droit ?

Hassan Rohani

Le plébiscite des relations économiques

"Neuf jours après la levée des sanctions contre l'Iran, le président Hassan Rohani effectue sa première visite en Europe, où d'importants contrats commerciaux devraient être signés", rapporte France 24. En effet, l'article précise que "cette venue du numéro un iranien sera axée en grande partie sur l'économie, alors que de nombreuses entreprises européennes cherchent à revenir ou s'implanter en Iran".

Une opinion partagée par l'Express : "comme à Rome, le séjour du président iranien à Paris devrait donner lieu à la signature d'importants contrats commerciaux. Téhéran a entre autres annoncé qu'un vaste accord avec l'avionneur européen Airbus, qui porterait sur 114 appareils, serait signé dans la capitale française".

De quoi inciter Pierre Gattaz, président du Medef, à signer une tribune dans l'Opinion appelant de ses vœux "un lien solide et durable entre les économies iranienne et française", dans l'espoir de connaitre le même traitement que la Confindustria, l'équivalent du syndicat patronal en Italie. "Selon la presse italienne, le montant des contrats signés avec des entreprises italiennes atteindrait 17 milliards d’euros", affirme en effet Le Monde, qui précise que "Rome espère pouvoir tirer son épingle du jeu dans les domaines de l’industrie pétrolière, ferroviaire, de la construction navale et automobile".

Quand l'économie laisse la place à la diplomatie

Naturellement, l'économie n'était pas le seul sujet de la visite du président iranien en Italie. Selon les informations du Monde, "M. Rohani aurait assuré son hôte de son soutien afin que l’Italie dispose d’un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU".

Pour Thierry Coville, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques et spécialiste de l'Iran, les manœuvres diplomatiques de M. Rohani relèvent d'un "enjeu de reconnaissance à l'intérieur du pays. Il veut démontrer aux conservateurs que l'Iran est un pays écouté sur la scène internationale et que sa politique de modération marche" [La Dépêche].

Avant de se rendre en France, Hassan Rohani était mardi au Vatican pour un entretien avec le pape. "Le Vatican, qui n’a jamais fermé son ambassade en Iran, même au moment de la Révolution de l’ayatollah Khomeyni, tient Téhéran comme un acteur indispensable dans sa zone", indique Le Monde.

Les droits de l'homme occultés ?

La France sera ce mercredi la prochaine étape de la tournée européenne du dirigeant iranien, l'occasion pour le Huffington Post de donner la parole à Jean-Pierre Michel (PS), pour qui "l'Europe doit exiger des changements à Rohani. […] Il serait profondément décevant que les décideurs européens prouvent une fois pour toutes qu'ils sont devenus tellement obsédés par l'ouverture de l'Iran aux échanges commerciaux qu'ils ont cessé de considérer tous les autres sujets cruciaux qui doivent être évoqués avec les dirigeants iraniens", a fait valoir l'ancien parlementaire.

Un point de vue partagé par La Dépêche, selon qui : "le retour des relations avec l'Iran ne peut occulter en rien le mépris de l'Iran pour les droits de l'homme. Des dizaines de jeunes languissent dans le quartier des condamnés à mort en Iran pour des crimes commis lorsqu'ils étaient mineurs".

De la même manière, l'ancienne ministre Rama Yade offre une piqure de rappel, également publiée par le Huffington Post : "l'investissement de l'Iran dans la guerre contre l'Etat islamique ne change rien à cet accablant constat pour la simple raison que le régime iranien fait partie de ces pays qui ont contribué notamment par leur rôle en Irak ces dernières années à l'émergence de Daech".

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