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L'impasse européenne face à l'Ukraine

Revue de presse 24.01.2014

Alors que la réponse de l'Union européenne aux actions du gouvernement ukrainien se fait timide et désordonnée, malgré l'annonce de la visite de Catherine Ashton la semaine prochaine, les 5 victimes de la place de l'Indépendance de mercredi renvoient l'image d'une action extérieure européenne faible. "L'avenir de l'Europe se joue aussi à Kiev", souligne pourtant l'éditorial de L'Opinon.

Stefan Füle, commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage

L'espoir d'un retour au calme à Kiev devient réel. Le président Viktor Ianoukovich a en effet convoqué une session extraordinaire du Parlement pour discuter de la démission du gouvernement réclamée par l'opposition et a rencontré cette dernière afin de débloquer la situation qui a atteint un pic de violence jeudi [Libération]. Mais la stabilisation de l'Ukraine ne peut se faire sans une intervention de l'Union européenne, dont l'accord d'association proposé est en partie à l'origine des affrontements.

Face au gouvernement ukrainien, Bruxelles a légèrement haussé le ton hier, mais cela n'est pas suffisant, selon Stefan Meister, membre du European Council of foreign relations, qui indique dans une interview accordée à La Croix que la solution que l'UE doit adopter est un déplacement en personne des responsables, mais pas de Catherine Ashton : "Il faut des personnalités incarnant une ligne plus dure". Un déplacement de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton est pourtant prévu la semaine prochaine, à la suite de celui de Stefan Füle, commissaire à l'élargissement et au voisinage, vendredi. Ces visites interviennent après que José Manuel Barroso se soit entretenu au téléphone avec le président ukrainien en plaidant le dialogue [Le Monde].

L'idée de départ d'éventuelles sanctions de l'UE qui divisaient les 28 Etats membres semble donc abandonnée, à l'inverse des Etats-Unis qui ont annoncé des restrictions de visas d'officiels ukrainiens jugés impliqués dans la répression de l'opposition [Le Monde]. La Commission est désormais catégorique sur l'application de sanctions, tout comme l'Allemagne [Le Figaro] qui a "[tué] le projet [de sanctions] dans l'œuf".

La position de l'UE est bien inconfortable, souligne Le Figaro : "la diplomatie du Vieux Continent semble ne plus savoir à quel saint se vouer pour empêcher la bataille rangée à Kiev de verser dans la guerre civile". Une position de faiblesse qui s'illustre par la demande de Mikhaïl Gorbatchev, ex-dirigeant soviétique, réclamant une intervention de la Russie et des Etats-Unis pour trouver une issue au conflit ukrainien [Le Point]. Un rôle que la Russie a déclaré ne pas vouloir tenir, selon la déclaration de Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine : "Nous ne pensons pas avoir le droit d'intervenir dans les affaires intérieures de l'Ukraine de quelque manière que ce soit" [20 Minutes].

L'absence d'une réponse forte européenne est toutefois dangereuse pour l'UE même. "L'intérêt stratégique de l'Europe réside dans une Ukraine indépendante, stable et ouverte au commerce" explique Luc de Barochez dans l'Opinion.

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