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L'Europe sur le pied de guerre face au retour des djihadistes de Syrie

Revue de presse 04.06.2014

"Je ne travaille, moi, que sur un sujet, le terrorisme et, désormais, sur un seul thème, la Syrie" affirme Gilles de Kerchove, coordinateur de la politique antiterroriste de l'UE, lors d'une interview accordée au Monde. L'attaque du Musée juif de Bruxelles samedi 24 mai a en effet mis en lumière la réflexion européenne engagée sur la lutte anti-terrorisme en Europe, particulièrement en ce qui concerne les djihadistes de retour de Syrie.

Lutte européenne anti-terrorisme - combattant en Syrie

Le drame bruxellois n'est malheureusement pas une nouvelle surprenante pour les services de sécurité en Europe, si on en croit  les discussions entamées depuis quelques mois sur la question de la gestion des "returnees" – soit les combattants djihadistes européens de retour de Syrie. L'Opinion avance le chiffre de 2000 Européens sur les 10 000 à 15 000 combattants étrangers ayant pris part au djihad en Syrie. Dans Libération, Bernard Guetta dresse un parallèle entre ces djihadistes et les citoyens eurosceptiques, en quête d'identité.

Face à cette problématique, Gille de Kerchove souhaite "resserrer les mailles du filet européen" [Le Monde] après l'attentat qui, selon lui, est "l'exemple-type de ce que l'on redoutait". Toutefois, le coordinateur de la politique antiterroriste de l'UE souligne que la grande majorité des combattants européens de retour ne sont pas dans la logique de djihad en Europe.

Si le principe de libre-circulation concourt à rendre la menace terroriste plus diffuse et plus difficilement appréhendable, le fonctionnaire européen est très clair sur l'action européenne : "je ne veux pas laisser entendre que l'Europe aurait été absente sur ce coup-là" martèle-t-il en revenant sur les 22 mesures élaborées en juin 2013 et toutes validées par les 28 Etats membres. Il souligne également le financement communautaire de 15 systèmes nationaux d'enregistrement des données des dossiers passagers. Selon lui, pour améliorer l'efficacité des services de renseignement européen, il faut cependant mettre l'accent sur la coopération avec la Turquie et renforcer l'usage des outils d'information et de partage des données entre les Etats (Europol, Interpol, le système d'information de Schengen, etc.).

Pour le spécialiste du terrorisme Alain Rodier, les annonces faites notamment par le coordinateur européen ne sont pas révolutionnaires et n'auront pas d'impact immédiat, alors que la coopération européenne en matière de renseignement est déjà effective depuis de nombreuses années [20 Minutes].

Les Etats membres entendent également muscler leurs dispositifs anti-terroristes face à la menace, comme en France, pour laquelle le député Guillaume Larrivé a produit un rapport préconisant plusieurs mesures contre le djihadisme sur Internet [Le Figaro]. Un domaine illustrant les lacunes de l'harmonisation entre les législations des Etats membres, selon Alain Rodier, puisque le Royaume-Uni autorise la suppression des contenus Internet faisant l'apologie du djihadisme, mais pas la France [20 Minutes].

La question de la lutte européenne anti-djihad sera abordée lors du Conseil Justice et Affaires intérieures de ce jeudi 5 juin. La mise en place d'un "PNR européen" (Passenger Name Record] à l'image du système américain – consignant les informations des passagers – sera probablement discutée afin d'approfondir la lutte anti-terroriste européenne, alors que le sujet est au point mort au niveau du Parlement européen.

Et l'expert Alain Rodier de conclure toutefois qu'"il ne faut pas qu’un ou des pays européens partent dans le tout sécuritaire, ce serait une victoire pour le terrorisme" [20 Minutes].

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