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L'Europe s'attaque à la gangrène de la corruption

Revue de presse 04.02.2014

"La corruption sape la confiance [des citoyens européens] dans les institutions démocratiques et l'Etat de droit, nuit à l'économie et prive les pouvoirs publics des recettes fiscales dont ils ont besoin" a déclaré hier Cécilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures [Le Monde]. La Commission européenne a dévoilé son premier rapport anticorruption lundi 3 février. Les quotidiens reviennent sur cet état des lieux très mitigé dressé par le rapport de la Commission, qui estime que la corruption pèse 120 milliards d'euros.

Corruption en Europe

Si le phénomène touche chacun des 28 Etats membres, il faut toutefois noter qu'il existe des variations entre les situations actuelles, comme l'explique Le Monde dans son article "De la Grèce au Danemark, les pratiques diffèrent". En effet, alors que 99% des Grecs ont le sentiment que la corruption est une pratique très répandue dans leur pays, les Danois ne sont que 20% à avoir ce sentiment. Ces chiffres d'un sondage Eurobaromètre, dévoilés en même temps que le rapport [Le Point], révèlent également que la moyenne européenne s'établit à 76%.

Le rapport, qui souligne les lacunes des mesures nationales anticorruption, dresse un bilan de la lutte contre ce fléau, sans établir de classement. Toutefois, plusieurs pays se détachent. C'est le cas de la Grèce, de la Pologne, de la Roumanie, et dans une moindre mesure de la France, qui sont pointées du doigt. "La France fait figure de mauvais élève sur les marchés publics" note La Croix. Alors que 68% des Français déclarent percevoir la corruption comme un phénomène répandu dans le pays, les entreprises sont également 69% à s'inquiéter de la corruption et du népotisme, néfastes pour leurs activités [Les Echos]. La Commission invite l'Hexagone à lutter plus efficacement contre le trucage des marchés publics locaux. C'est également le manque de moyens de la justice française qui inquiète Bruxelles [Libération].

Mais il ne faut pas exagérer la situation. La réalité des faits est effectivement bien moindre par rapport à la perception : dans le cas de la France, seulement 2% des personnes ont déclaré avoir eu personnellement affaire à un cas de corruption au cours de la dernière année écoulée [La Tribune]. De plus, Le Monde rapporte les encouragements de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), des Nations unies et du Conseil de l'Europe qui ont salué les progrès et les efforts français en la matière depuis 2007.

La date de publication de ce rapport intervient toutefois à un moment clé, cinq ans après le début de la crise économique et quelques mois avant le scrutin européen de mai [Le Figaro].

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