Derniers articles publiés

L'Europe divisée sur la défense, après un accord majeur face à la crise

Revue de presse 20.12.2013

Pour la première fois depuis 2008, les dirigeants européens ont débattu, jeudi 19 décembre, de la défense, où la coopération va rester limitée en raison des fortes réticences britanniques et de la faiblesse des budgets militaires de nombreux pays. La discussion, qui a débuté en milieu d'après-midi au Conseil européen de Bruxelles, a mis en lumière les divergences entre chefs d'État et de gouvernement sur ce sujet sensible qui touche directement à la souveraineté des États, quelques heures seulement après un accord "historique" sur l'Union bancaire.

avion militaire

L'année 2013 se termine mieux qu'elle n'avait commencé. En arrivant jeudi au Conseil européen, le président François Hollande s'est félicité de "l'avancée considérable" que constitue l'accord sur l'Union bancaire trouvé la veille. "J'avais affirmé ma détermination à réguler la finance. Eh bien, l'Union bancaire, c'est ça : empêcher qu'une crise bancaire puisse se reproduire, et si c'était le cas, éviter que les Etats se voient contraints de soutenir financièrement les banques" [Les Echos].

Les ministres des Finances européens se sont mis d'accord mercredi soir sur le deuxième pilier de l'union bancaire, projet complexe destiné à éviter une nouvelle crise de la zone euro.

"C'est un accord majeur, c'est un accord décisif, c'est un accord de portée historique", s'est félicité le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, après plus de 12 heures de négociations à Bruxelles.

Si les détails de l'accord n'ont pas été dévoilés, il permettra la création d'un mécanisme unique de résolution, c'est-à-dire de faillite ordonnée des banques de la zone euro. Il sera le deuxième pilier de l'union bancaire, qui doit permettre d'éviter que les crises bancaires ne rejaillissent sur les finances des Etats de la zone euro. Le premier pilier, la supervision unique confiée à la Banque centrale européenne (BCE), entrera en vigueur fin 2014 et avait lui aussi nécessité de longues nuits de tractation il y a exactement un an, note L'Express.

Martin Schulz, président du Parlement européen, a vivement critiqué ce compromis qu'il a jugé "très éloigné" des ambitions des députés européens. Il a promis "de très longues négociation" entre les députés, les gouvernements des Etats membres et la Commission européenne avant de finaliser le projet. Il a prévenu qu’il serait "inacceptable" que le Parlement perde ses prérogatives législatives au profit d’un mécanisme purement intergouvernemental, rapporte Libération.

Au lendemain de sa réélection pour un troisième mandat, la chancelière allemande Angela Merkel a plaidé quant à elle pour une plus grande coopération entre Européens, notamment dans le domaine de la défense, thème majeur de ce sommet de fin d'année.

"L'Europe peut travailler plus étroitement ensemble dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité", a-t-elle déclaré à son arrivée à Bruxelles, citée par Le Point.

D'emblée, le Premier ministre britannique, David Cameron, qui détient avec la France les principales forces armées du continent, a rappelé son opposition à tout ce qui ressemblerait à une défense européenne. Oui à la coopération, non à des capacités communes.

Les leaders européens ont toutefois reconnu qu'il fallait mettre sur une rampe de lancement quatre équipements majeurs pour la défense européenne : le lancement d'une nouvelle génération de drones, l'acquisition d'avions ravitailleurs, les programmes satellitaires et la cyberdéfense, rapportent Les Echos.

François Hollande, de son côté, souhaite convaincre ses partenaires de soutenir financièrement les opérations militaires françaises en Afrique, mais l'idée a été accueillie fraîchement par de nombreuses capitales, qui privilégient le soutien au coup par coup.

Deux députés français, Jacques Gautier (UMP) et Daniel Reiner (PS) estiment quant à eux, dans La Tribune que si la défense européenne bute sur la voie de la souveraineté, il faut contourner cet obstacle en créant un groupe d'États pionniers volontaires fédérant leurs armées et leurs moyens d'intervention.

La défense, parent pauvre de la construction européenne ?

Les autres sujets du jour

Consommation

Asile, migrations, Schengen