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L'Europe au cœur du deuxième débat de la primaire de la gauche

Revue de presse 16.01.2017

Dernière ligne droite pour la primaire de la gauche. Après un premier débat très cordial le 12 janvier, un deuxième round était organisé dimanche 15 janvier, notamment autour des questions européennes. Un thème qui a mis en évidence des différences assez marquées entre les sept candidats.

Drapeaux français et européen

L'Europe de la défense, une volonté commune

Dès les premières minutes du débat, les questions européennes ont suscité des dissonances fortes entre les sept candidats à la primaire de la gauche. Seul véritable point de consensus : l'Europe de la défense. Tous ont en effet affirmé leur volonté de "diriger une France forte, qui n'adopte pas une attitude suiviste vis à vis des Etats-Unis de Donald Trump ou de la Russie de Vladimir Poutine". Un renforcement de la construction de l'Union européenne "notamment par le biais de la défense commune", a par conséquent été prôné par l'ensemble des candidats, rapporte RTL.

François de Rugy, ancien député écologiste, est même allé jusqu'à appeler à la mise en place "d'une alliance militaire européenne, en commençant par la France, l'Allemagne et la Pologne". Selon Manuel Valls, l'important est l'émergence d'une Europe "plus forte" et "plus unie" qui serait capable "d'entrer dans un rapport de force avec les présidents américains et russes", poursuit la chaîne de radio.

Manuel Valls attaqué sur l'immigration

La politique d'accueil des migrants a en revanche quelque peu "isolé" Manuel Valls de ses concurrents, analyse Le Figaro. L'ancien Premier ministre a notamment été "rudement pris à partie par les autres candidats sur la position qu'il a exprimée à Munich sur l'accueil des réfugiés" au cours de laquelle il avait critiqué la décision d'Angela Merkel "d'ouvrir largement son pays" [La Croix].

Vincent Peillon et Benoît Hamon notamment ont mis en avant "des désaccords profonds sur ce sujet". M. Peillon allant jusqu'à tonner que "les Français ont été plus généreux que leurs dirigeants" sur cette question, poursuit le quotidien. Manuel Valls a répondu à ces attaques en "défendant la ligne dure de la France sur l'accueil des réfugiés" et en soulignant que "l'Europe ce sont des frontières" [Le Parisien].

L'ancienne ministre du Logement Sylvia Pinel a proposé de son côté la mise en place d'un droit d'asile européen, "afin d'éviter des différences de traitement des demandes d'un pays à l'autre". La présidente du Parti radical de gauche estime que "la Jungle de Calais n'aurait pas existé si le traitement de l'asile était pareil partout" [RTL]. Selon le journaliste et homme politique, Jean-Luc Bennahmias, il faudrait même "une véritable politique étrangère européenne", le minimum serait selon lui, "le partage du fardeau" [Deutsche Welle].

La politique économique de l'Europe au cœur des critiques

S'agissant de la politique économique européenne, "nous devons mettre fin à l'austérité" assure Arnaud Montebourg, "qui tacle au passage les promesses du Bourget non tenues par François Hollande", rappelle 20 minutes. Sur cette question, parmi les pourfendeurs de la rigueur, deux visions s'affrontent. D'un côté, M. Montebourg "entend infléchir la politique budgétaire de la Commission européenne", "organiser la fin de l'austérité en constituant un bloc réformateur" et "instituer un réel rapport de force". De l'autre, Benoît Hamon souhaite reconstruire l'Europe "à partir de projets communs et notamment d'un changement de modèle de développement" [La Croix].

Dans un tout autre style, Vincent Peillon a proposé un deal avec l'Allemagne comprenant "un grand plan d’investissement à l’échelle de l’Union en échange d’une politique budgétaire sérieuse de la part de la France" [RTL]. L'eurodéputé a d'ailleurs demandé "qu'on arrête de jeter la faute sur l'Europe" et propose d'inverser la tendance en disant : "oui nous allons diminuer notre déficit et nos dettes" [Le Figaro].

Arnaud Montebourg a poursuivi en plaidant pour un "protectionnisme européen" fustigeant "le manque de mesures prises par l'UE pour protéger son industrie", alors que, selon lui, "les autres pays le font", remarque RTL. Faisant le pont avec les débuts de Donald Trump à la Maison Blanche, Manuel Valls s'est également prononcé en ce sens, déclarant que "l'UE devra imposer une taxe carbone sur les produits américains importés si jamais il met en place des mesures protectionnistes" [Deutsche Welle]. L'ancien Premier ministre a conclu en affirmant que "le redressement de la France va de pair avec la refondation de l'Europe" [La Croix].