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L'élection de Donald Trump au menu du Conseil des Affaires étrangères de l'UE

Revue de presse 14.11.2016

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent aujourd'hui à Bruxelles. Sans surprise, le principal sujet de discussion est l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche, une nouvelle épreuve pour l'Union européenne. Les ministres se sont d'abord retrouvés pour un "dîner informel" dimanche soir. Désireux d'afficher leur unité et de définir une position claire de l'Union européenne, les Etats membres doivent faire face à une élection qui pourrait fondamentalement modifier les relations transatlantiques. Ce qui attend les Européens de la part de Washington reste particulièrement difficile à prédire. Les ministres européens des Affaires étrangères échangent donc aujourd'hui dans un contexte des plus incertains.

Dîner des ministres des Affaires étrangères de l'UE

Un dîner organisé dans l'urgence

"Emplie de choc et d'horreur avec l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, l'Europe a fait ce qu'elle fait toujours lors d'un moment de crise : elle s'est réunie", annonce la version européenne du site Politico. La réunion d'aujourd'hui était initialement prévue pour "célébrer la continuité" de la relation UE-Etats-Unis après une victoire à la présidentielle américaine, censée être celle d'Hillary Clinton "dans l’esprit de la grande majorité des participants", rapporte Le Monde. Un dîner "organisé d'urgence dimanche à Bruxelles à l'initiative de Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l'UE" [Les Echos].

Ce dîner imprévu souligne l'importance de la crise à venir pour l'UE. Le journal économique belge L'Echo (avec l'AFP) rappelle que Federica Mogherini avait organisé une rencontre du même type avec les ministres des Affaires étrangères trois semaines après le Brexit. Mais de nombreux Etats considéraient qu'il était prématuré de débattre si peu de temps après la tenue du référendum des conséquences de la sortie de l'UE du Royaume-Uni sur la politique extérieure de l'Union. Cette fois-ci les ministres ont répondu présent, à l'exception de trois d'entre eux.

Jean-Marc Ayrault, pour des raisons d'agenda, le Hongrois Peter Szijjarto, en faveur de Donald Trump, jugeant la rencontre "prématurée", et Boris Johnson, qui a affirmé à la presse "ne pas voir l’utilité de la réunion", ne se sont pas rendus au dîner organisé par Federica Mogherini hier soir [Euronews]. "J'imagine que c'est juste normal pour un pays qui a décidé de partir [de l'UE] de ne pas être intéressé par nos discussions sur le futur de nos relations", a répondu la cheffe de la diplomatie européenne, citée par L'Express (avec l'AFP).

Donald Trump, le nouveau dossier prioritaire des Européens

Au cours du rendez-vous d'hier et de la rencontre d'aujourd'hui l'attitude de l'Union européenne à adopter face au nouveau président américain pose de nombreuses questions. "En plein flou sur les intentions réelles du président élu, les Européens s'interrogent en particulier sur sa future position à l'égard de la Russie, de l'Otan ou encore de l'accord sur le climat (COP21)", résument Les Echos.

Des Européens qui "redoutent un 'véritable saut dans l’inconnu', selon la formule d’un dirigeant" [Le Monde]. Même le Brexit est en "train de reculer sur la liste des urgences". Les ministres des Affaires étrangères ne savent pas encore à quoi s'attendre de la part du nouveau président : "Certains pays misent en fait sur un retour rapide au réalisme du futur président, d’autres redoutent, eu égard notamment aux nominations que M. Trump semble envisager, qu’il veuille vraiment appliquer son programme", indique le quotidien. Quoi qu'il en soit, explique Federica Mogherini, citée par le quotidien allemand Tagesschau, l'Europe ne peut se permettre d'avoir une "attitude attentiste".

"Pas de panique" : les ministres des Affaires étrangères tentent de rassurer

"A la sortie du dîner, dimanche soir, plusieurs ministres usaient de la même formule : 'Pas de panique'" [Le Monde] En effet, les responsables politiques ont multiplié les déclarations visant à relativiser l'onde de choc de l'élection américaine sur l'Union européenne.

L'élection de Donald Trump est une "opportunité à saisir pour l'Europe d'oser s'exprimer plus fortement", a déclaré Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères belge, à l'issue du dîner de dimanche soir [RFI]. Même ton se voulant rassurant de la part de Jean Marc-Ayrault, invité sur Europe 1 : "Arrêtons de parler de désarroi. N'est-ce pas l'occasion pour l'Europe de se ressaisir ?".

Les responsables européens aussi entendent ne pas céder à la panique. "Nous sommes impatients d'avoir un partenariat très fort avec la prochaine administration" a affirmé Federica Mogherini, qui devrait faire part des interrogations des Européens au nouveau secrétaire d'Etat avant le 20 janvier, date d'investiture de Donald Trump en tant que 45e président des Etats-Unis [L'Express avec l'AFP]. Le ministre des Affaires étrangères slovaque Miroslav Lajcak, dont le pays assume actuellement la présidence tournante du Conseil de l'UE, rejette tout alarmisme : "Nous comprenons que l’approche américaine sera plus pragmatique. Il faut aussi que nous faisions entendre la voix de l’Europe. Mais personne ne conteste le résultat de l‘élection, nous sommes prêts à travailler avec le président et son administration", a-t-il assuré à Euronews.

Une posture selon Efi Koutsokosta, journaliste pour le média européen : "La plupart des ministres des Affaires étrangères tentent tant bien que mal de minimiser l’importance de ce dîner, que la presse et les fonctionnaires européens ont surnommé 'le dîner de l’horreur', après la victoire de Trump. Les ministres disent attendre les grandes lignes de la politique étrangère américaine, mais l’inquiétude est déjà grande, concernant par exemple les relations avec la Russie. Une question qui divise les pays membres".