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L'école au piquet : la France championne des inégalités

Revue de presse 04.12.2013

Y aura-t-il un "choc PISA", s'interroge ce matin le Monde. Pour le quotidien, nul doute que la mauvaise note attribuée par l'OCDE à la France, dans le cadre de son Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), va susciter l'émoi. Publiés mardi 3 décembre, les résultats de cette enquête triennale révèlent que si le niveau des élèves français est dans la moyenne de l'OCDE, le pays bat des records d'inégalités scolaires.

élèves

Publiée hier, l'enquête Pisa de l'OCDE montre une aggravation des inégalités en France, un recul de ses performances en mathématiques et une amélioration en compréhension de l'écrit, rapportent Les Echos.

L'édition 2012 de PISA met l'accent sur le niveau en mathématiques des élèves âgés de 15 ans. Les statisticiens de l'OCDE situent la France à la 18e place sur les 34 pays membres de l'OCDE.

Selon une carte comparative du Monde, à niveau de vie équivalent, la France fait donc moins bien que la plupart de ses voisins européens :  la Belgique se classe 9e, l'Allemagne 10e et l'Irlande 13e.

Si l'on ne tenait compte que des performances des élèves issus de milieux sociaux favorisés, la France se situerait dans le premier quart du classement (13e). En revanche, en ne comptabilisant que les élèves les plus défavorisés, elle perdrait vingt places, pour figurer au 33e rang [Le Monde].

Cette enquête doit "servir d'électrochoc ", a estimé hier Jean-Marc Ayrault. "Ce n'est pas au moment où des efforts sont engagés qu'il faut flancher" a affirmé le Premier ministre, appelant à soutenir les réformes engagées qui "vont porter leurs fruits". Et refusant qu'une partie des jeunes Français "ne restent sur le côté".

Insistant sur les inégalités scolaires, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, a jugé hier les résultats de l'étude Pisa "inacceptables" et rappelé que François Hollande a fait de la jeunesse la priorité de son quinquennat. "Il n'y aura pas de pays compétitif et qui retrouve sa croissance" sans amélioration des résultats sur l'école, a-t-il plaidé. Il a d'ores et déjà annoncé un "acte II de la refondation de l'école ", dont il dévoilera les grandes lignes le 12 décembre prochain [Les Echos].

Pour François Sergent de Libération, l'aggravation des inégalités est "une mise en cause fondamentale des principes mêmes de la République". "L’école de la République faillit dans son rôle primordial de donner toutes ses chances aux plus pauvres de ses enfants. Une culture de l’élite qui valorise les meilleurs à l’encontre d’une culture de la moyenne qui serait conçue pour aider, encourager et embarquer le maximum d’élèves, quelles que soient leurs origines sociales. L’échec scolaire est aussi celui d’un pays, conclut-il.

Pour Le Figaro (abonnés), le classement PISA célèbre le "triomphe du mérite" avec en tête du classement la plupart des pays asiatiques dont la Chine et la Corée du Sud qui pratiqueraient "une sélection drastique, impitoyable pour les plus fragiles" estime le quotidien. Avec 50 heures d'études hebdomadaires, les écoliers de Corée sont ainsi parmi les plus assidus au monde. A Shanghai, premier du classement, des instituts privés, payés "rubis sur l'ongle" même par les parents les plus modestes, préparent les élèves aux examens et concours jusqu'à tard dans la nuit. [Le Figaro (abonnés)].

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