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L'Allemagne réintroduit des contrôles à ses frontières à la veille d'un Conseil de l'UE extraordinaire consacrée à la crise migratoire

Revue de presse 14.09.2015

"Quotas, frontières, Schengen… : l’Europe cherche une réponse commune à la crise" résume Le Monde ce matin.

 

La fin de la semaine aura été marquée par la forte prise de position commune des gouvernements allemands et français quant à la gestion de la crise des migrants, en préparation du Conseil extraordinaire réunissant les ministres européens de l'Intérieur et de la justice aujourd'hui à Bruxelles.

L'Allemagne, submergée, a annoncé hier rétablir ses contrôles aux frontières dans l'attente d'une réponse de l'Union, tandis que les Etats d'Europe centrale maintiennent leur opposition à une répartition des réfugiés par quotas.

 

Berlin sees Syria

Le Figaro rapporte que "François Hollande et Angela Merkel se sont entretenus dimanche sur la question des réfugiés, en vue [de ce Conseil extraordinaire] (…) consacrée à la crise migratoire."

Après la décision de l’Allemagne d’établir temporairement des contrôles à ses frontières, Bernard Cazeneuve s’est entretenu avec son homologue allemand. La France appelle "au respect scrupuleux par chacun des pays de l'Union européenne des règles de Schengen", cite Le Point, le ministre français estimant que "c'est faute de leur respect que l'Allemagne a décidé d'établir temporairement des contrôles à ses frontières" rapporte Challenges. En parallèle, son homologue allemand Thomas de Maizière a averti que "l'Allemagne n'[était] plus disposée à accepter que les réfugiés qui affluent en Europe puissent 'choisir' le pays qui les accueillera" [Le Figaro / AFP].

La réintroduction provisoire des contrôles aux frontières de l'Allemagne [Nouvel Obs] impliquent des contrôles à la frontière autrichienne de même que l'interruption du trafic ferroviaire entre les deux pays. Un trafic qui reprend doucement depuis ce lundi matin [Europe 1].

Tel que le présente Le Monde, l'Allemagne "prend soudainement peur" car "à ce rythme, ce ne sont plus 800 000 demandeurs d’asile qu’elle va devoir accueillir cette année mais bien davantage". Un sentiment partagé par le gouvernement allemand. En effet, "le ministre allemand des Transports a estimé que les 'limites de capacité' d'accueil de l'Allemagne '[étaient] atteintes'. La police de la ville de Munich a enregistrée l'arrivée de 12.200 réfugiés, samedi" rapporte La Tribune, soulignant un "échec complet" de l'Union sur la question. De même, le vice-chancelier allemand et ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, a annoncé dimanche que l'Allemagne avait atteint ses limites en termes de capacité d'accueil de migrants [La Tribune].

Dans ce contexte, que peut-on attendre du Conseil extraordinaire de l'UE sur les migrants qui se tient aujourd'hui ? C'est à cette question que tente de répondre Le Figaro ce matin. Le journal rappelle qu'à l'ordre du jour figure la mise en œuvre du plan d'urgence annoncé par Jean-Claude Juncker mercredi dernier. Mais l'hypothèse d'un Conseil des 28 réunissant cette fois-ci les chefs d'Etat et de gouvernement est d'ores et déjà envisagée en cas d'échec de cette première réunion.

Malgré l'urgence, les divisions règnent au sein de l'Union. "Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, et le ministre slovaque de l'Intérieur, Robert Kalinak, ont ainsi averti dimanche que leurs pays opposeraient leur veto à la mise en place de quotas obligatoires de migrants", indique l'Obs.

Philippe Leclerc analyse la situation pour Libération et estime que l'actuel clivage entre les Etats centraux et occidentaux s'explique par "une conception profondément différente de ce que doit être l'Europe".

La division se retrouve jusque dans les rangs du Parlement européen. Même si le plan Juncker y a été voté à une large majorité - le PPE réussissant à afficher son unité - Le Monde dénonce une "unité de façade fragile" entre les parlementaires. Le même article cite un eurodéputé : "nous avons pris soin d’en rester à des considérations générales. Mais dès qu’on va dans les détails…"

En définitive, La Croix souligne qu'il s'agit d'une question de "cohésion". "Les 430 000 personnes qui ont traversé la Méditerranée […] et les près de 3 000 qui y ont péri ou disparu, […] nous interrogent sur la cohérence des réponses politiques avec les intuitions fondatrices de l’Europe", écrit Dominique Greiner dans son éditorial.

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