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L'Allemagne a son accord de coalition

Revue de presse 27.11.2013

Deux mois après sa victoire sans majorité absolue aux législatives, la CDU/CSU d'Angela Merkel et le Parti social-démocrate (SPD) sont parvenus à un accord dans la nuit du 26 à 27 novembre pour former un gouvernement de "grande coalition". Les militants du SPD doivent toutefois encore valider ce choix par un vote interne.

Merkel

Si la base du SPD donne son feu vert, Angela Merkel devrait être élue le 17 décembre par les députés du Bundestag, à la tête d’un gouvernement de "grande coalition", pour un troisième mandat de quatre ans.

"C’est un paquet (de mesures) que nous pouvons présenter à nos militants et auquel nous pouvons dire oui", a déclaré au sujet du contrat de coalition, la secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles, interrogée par des journalistes à l’issue des négociations [Libération].

La chancelière allemande a accordé  plusieurs concessions majeures qui pourraient aider à vaincre les réticences des militants du SPD à s'allier avec un parti de droite. Andrea Nahles a affirmé avoir obtenu la création d’un salaire minimum en Allemagne de 8,50 euros de l’heure à partir de 2015, mais qui s’appliquerait à l’ensemble des branches seulement à partir de 2017, note Le Monde.

Les sociaux-démocrates avaient fait de l’adoption de cette mesure phare de leur programme électoral une condition nécessaire à tout accord de coalition.
Ce salaire minimal serait une première en Allemagne, un pays qui s'en remettait jusqu'ici exclusivement aux partenaires sociaux pour régler les questions salariales.
Selon l'Institut allemand pour la recherche économique (DIW, pour Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung), 5,6 millions de personnes, soit 17 % des salariés allemands, gagnent actuellement moins de 8,50 euros de l'heure [Le Monde].

Les sociaux-démocrates ont également obtenu d'importantes concessions sur les retraites et l'immigration, rapporte Le Figaro.  Il sera désormais possible à ceux qui ont cotisé 45 ans de partir en retraite dès 63 ans (au lieu de 67) et les petites retraites seront revalorisées pour atteindre 850 euros par mois en 2017.

Concernant l'immigration, le SPD a obtenu gain de cause sur une de ses revendications sociétales majeures : la possibilité d'accorder une double nationalité aux enfants d'étrangers nés en Allemagne.

Pas question, en revanche, de toucher à la politique européenne. Berlin demeurera fidèle au maintien des politiques de dévaluations internes et d'austérité dans les pays en crise. "Le niveau élevé de l'endettement doit être réduit en Europe (…). La politique de consolidation budgétaire doit être poursuivie et combinée avec des réformes pour une croissance structurelle et des investissements futurs durables", indique le projet. On ne saurait mieux résumer la politique menée dans les pays périphériques depuis 2010-2011. La politique allemande ne bougera donc pas d'un pouce sur l'Europe, explique La Tribune.

Le contrat de coalition est par ailleurs totalement muet sur l'Union bancaire et son processus de résolution alors qu'il s'agit, pour Romaric Godin de La Tribune, d'un des sujets les plus brûlants et les plus urgents du moment, ce qui augure bien mal des négociations européennes sur la question.  "Plus que jamais, l'Allemagne semble donc s'enfermer dans sa propre logique. L'espoir d'un changement, en tout cas sur ce terrain-là, avec l'arrivée au gouvernement des Sociaux-démocrates aura fait long feu", conclut-il.

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