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Italie : ultime tentative pour trouver un gouvernement

Revue de presse 07.05.2018

Lundi 7 mai, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, reçoit les chefs de partis pour une dernière consultation afin de former un gouvernement. Deux mois après les élections législatives du 4 mars, l'Italie est toujours sans premier ministre, faute d'accord entre les formations politiques.

Sergio Mattarella, le président italien

Sergio Mattarella, le président italien. Photo: site officiel de la présidence russe.

Le Monde rappelle qu'il "est fréquent que la formation d’un gouvernement prenne des semaines en Italie". En moyenne, cela prend "un mois et demi". Mais la situation semble particulièrement "difficile à dénouer" cette fois-ci.

En effet, après deux mois de tractations, "aucun accord ne s'est dessiné" [L'Express]. L'alliance entre la Ligue du Nord (extrême droite, dirigée par Matteo Salvini) et Forza Italia (parti de Silvio Berlusconi) a remporté "37% des voix" aux élections législatives. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), mené par Luigi Di Maio, a obtenu "plus de 32%" des suffrages et enfin le Parti démocrate est "tombé à 19%".

Dernière tentative entre droites ?

Pour tenter de sortir de l'impasse, Luigi di Maio "a formulé dimanche une nouvelle offre à la Ligue" et pour la "la première fois depuis l'issue du scrutin", il "s'est dit prêt à choisir un président du Conseil avec Matteo Salvini" [Challenges].

Challenges explique que le leader du M5S exige par contre que la Ligue, qui seule a recueilli 17,4% des voix, "coupe les ponts avec son allié, l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi qui incarnerait la corruption". La Repubblica (Italie) rapporte que M. Di Maio a publiquement proposé à M. Salvini à la télévision, dimanche 6 mai sur la chaîne Rai 3,  de choisir conjointement un Premier ministre : "mais pas Berlusconi". Toutefois, Matteo Salvini "a jusqu'à présent refusé de rompre ses liens avec Berlusconi" [Challenges].

Selon L'Express, le leader de la Ligue du nord aurait proposé une alternative : "un partenariat de gouvernement jusqu'en décembre" avec le M5S pour "adopter une nouvelle réforme électorale et le budget 2019 avant de retourner aux urnes en début d'année prochaine".

Dans le même temps, Le Monde rapporte que "les responsables de la coalition de droite se sont retrouvés dimanche soir à Rome" et "plusieurs d’entre eux ont réclamé que le président désigne M. Salvini comme chef du gouvernement". Ces derniers estiment qu'il est possible de trouver dans "les rangs des autres formations les quelques dizaines d’élus qui manquent pour former une majorité", mais le président Mattarella "exige des garanties" [Le Monde].

L'option d'un gouvernement technique

Pour Challenges, Sergio Mattarella préfèrerait "nommer dès mardi [8 mai] un chef de gouvernement issu de la société civile, doté d'un mandat limité". "Il serait chargé de gérer le pays, de lui rendre la voix qu'il a perdu ces derniers mois sur la scène internationale et de tenir au moins jusqu'à l'adoption du budget", explique L'Express.

La dernière fois que cette option a été retenue c'était en 2011, lorsque Mario Monti "a été invité par le président Sergio Napolitano à diriger le gouvernement pour aider le pays à éviter la faillite" [Politico]. Selon Mario Monti lui-même, interviewé par Politico, le contexte était différent : "beaucoup de partis étaient en faveur de [ma nomination] et personne n'a proposé un autre nom".

Politico propose avec humour le profil parfait d'un candidat pour diriger le gouvernement technique, mettant en avant l'improbabilité de la situation : "une personnalité politique qui n'est du côté d'aucun parti", "qui a la confiance de l'Europe, qui est respecté des Italiens, proche mais pas un ami de longue date de M. Mattarella". Sachant que cette personne "aurait toujours besoin de trouver une majorité au Parlement". Le journal conclut avec cette phrase : "Superman et Superwoman font malheureusement des apparitions aussi rares en Italie qu'ailleurs".

De nouvelles élections en octobre ?

Comme le résume Lina Palmerini, experte politique du quotidien Il Sole 24 Ore, cité par L'Express, le président italien "n'a pas beaucoup d'options". "Si le Parlement rejette le gouvernement du président, la situation sera très difficile" et pourra conduire à de nouvelles élections.

Pour Mario Monti, "il semble que le scénario le plus probable est d'avoir des élections anticipées en octobre". Sachant que "six mois plus tard, ce seront les élections européennes", il y aura alors "un continuum de campagnes électorales, et j'ai peur que la question européenne ne revienne" perturber les élections italiennes [Politico].

A l'inverse, pour Luigi Di Maio, il n'y aurait "aucun problème à revenir au vote" étant donné qu'un gouvernement technique n'aurait pas de "lien avec le pays" [La Repubblica].

Néanmoins, explique Lorenzo Pregliasco, cofondateur de l'agence d'analyse politique Quorum/YouTrend, "selon les sondages, il est peu probable que de nouvelles élections changent les rapports de force" [L'Express].