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Italie : le Mouvement 5 étoiles négocie avec les sociaux-démocrates pour former un gouvernement /Numérique : les GAFA sous pression européenne

Revue de presse 25.04.2018

L'Italie n'a toujours pas de gouvernement depuis les élections législatives du 4 mars dernier, qui n'ont pas permis de dégager une majorité au Parlement. Les discussions semblent être dans l'impasse entre la droite et le M5S, poussant ce dernier à tenter un rapprochement avec le centre-gauche. Par ailleurs, plusieurs médias s'intéressent aux mesures envisagées par l'Union européenne pour mieux réguler l'activité des géants du web.

Palais Chigi - Italie

Le Palais Chigi, siège de la présidence du Conseil des ministres italien - Crédits : iStock

"Mission impossible" en Italie

"Mission impossible", titrait mardi 24 avril le quotidien italien Il Manifesto, cité par Courrier international. "Après deux tours de consultations entre le président de la République, Sergio Mattarella, et les principales forces politiques, l’Italie reste sans gouvernement".

Le Figaro rappelle les scores des différents partis aux élections du 4 mars : le Mouvement 5 étoiles, (M5S), inclassable, "dispose de 222 des 630 sièges de la Chambre des députés". La coalition de droite formée par la Ligue (extrême-droite), Forza Italia (droite) et Frères d'Italie (nationaliste) compte quant à elle 261 élus. Enfin le Parti démocrate (centre-gauche) "ne compte que 111 députés, suffisamment toutefois pour former une majorité en cas d'alliance avec le parti anti-système" M5S.

Les Echos soulignent ainsi le "dilemme : comment faire naître une majorité alors que les trois minorités issues du scrutin opposent des vétos croisés les unes sur les autres ?". Luigi Di Maio, le chef du M5S, refuse ainsi de discuter avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Mais il se dit "disposé à ouvrir des négociations avec la Ligue, le parti d’extrême droite dirigé par Matteo Salvini (17 % aux élections) aussi bien qu’avec le Parti démocrate (PD, 19 %)". Or "c’est la seconde option qui est privilégiée" aujourd'hui [Les Echos].

Rupture avec la droite, rapprochement avec le centre-gauche

Silvio Berlusconi est ainsi passé "des critiques aux insultes à l'encontre du M5S", rapportent Les Echos. "J'engagerais ses membres dans ma société seulement pour nettoyer les toilettes", a-t-il ainsi récemment déclaré.

De son côté, Maurizio Martina, secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD), "n'a pas exclu une éventuelle entente avec le M5S" [Le Figaro]. Il a toutefois posé une condition : que "le M5S confirme la fin de toute tentative d'accord avec la Ligue et le centre droit".

Toutefois, remarque Libération, l'ancien président du Conseil italien et ex-dirigeant du PD Matteo Renzi refuse que les sociaux-démocrates  servent de "béquille à un mouvement populiste qui les a copieusement insultés". Le Monde ajoute qu'il entend "vendre chèrement l’éventuelle participation de son parti à une coalition anti-Ligue". Matteo Renzi pourrait ainsi faire obstacle à un accord avec le M5S, "qui n’est pas soutenu non plus par les militants étoilés". Le journal rappelle que "seuls 24 % [des adhérents au M5S] seraient favorables à une telle solution et 58 % préfèrent un pacte avec la Ligue".

Ainsi, "l'équation politique a plusieurs inconnues mais deux certitudes" pour Les Echos : la volonté du président de la République qui "n'envisage pas un retour aux urnes" et sa demande d'obtenir "le nom du président du Conseil (…) avant le prochain Conseil européen fin juin".

Vers un encadrement plus strict des GAFA ?

Plusieurs médias se penchent également sur les nombreux projets et mesures de l'Union européenne pour mieux encadrer l'activité des géants du web. Le Monde souligne ainsi que la Commission européenne "se dote peu à peu d’outils juridiques et normatifs susceptibles de juguler" la puissance des géants américains du numérique. Par exemple, elle veut "obliger Facebook ou l’App Store d’Apple à garantir des protections juridiques aux PME utilisatrices de leurs services", tandis que "les GAFA devront mettre en place des instances de règlement des litiges" et que "Google devra se justifier sur la façon dont le moteur de recherche hiérarchise les sites web".

La mise en œuvre du règlement général sur la protection des données (RGPD) le 25 mai prochain se veut également une réponse juridique au "scandale Cambridge Analytica, qui a déstabilisé Facebook ces dernières semaines" [Le Monde].

Par ailleurs, Les Echos notent l'annonce d'un accord entre le gouvernement irlandais et Apple, afin de "régler les modalités du remboursement à l'Etat irlandais de 13 milliards d'euros d'aides d'Etat" accordées au géant du numérique. Celles-ci avaient été "jugées illégales par la Commission européenne en août 2016". Le quotidien conclut en rapportant les propos du ministre irlandais des Finances, Paschal Donohoe : "c'est le plus gros remboursement de ce type jamais mis en place".

Ainsi, conclut L'Express, la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager se montre particulièrement offensive… au point d'évoquer de plus en plus "ouvertement la possibilité d'un démantèlement pur et simple" des GAFA. Toutefois, le média rappelle que ceux-ci sont tout à fait conscients de la pression dont ils sont l'objet et misent sur un lobbying efficace. Selon Martin Pigeon, chercheur au sein de l'ONG Corporate Europe Observatory, "les dépenses de lobbying des géants de la tech ont augmenté de 700% sur les cinq dernières années" en Europe.