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Italie : le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord s'entendent pour former un gouvernement

Revue de presse 14.05.2018

Lundi 14 mai, le président italien Sergio Mattarella doit annoncer le nom du futur chef du gouvernement. Plus de deux mois après les élections législatives italiennes, le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue du Nord, deux partis antisystème, se sont mis d'accord malgré d'importantes divergences.

Luigi di Maio

Au premier plan : Luigi Di Maio, chef du Mouvement cinq étoiles (M5S) - Crédits : Presidenza della Repubblica

Premier gouvernement antisystème en Italie

"Luigi Di Maio, jeune leader du M5S, et le chef de la Ligue, Matteo Salvini, sont attendus lundi [14 mai] au Quirinal, le palais présidentiel" pour présenter leur accord de gouvernement [Franceinfo]. "Les deux formations ont trouvé des points de convergence pour former le premier gouvernement antisystème en Italie, et même en Europe occidentale", explique Le Point.

Sud-Ouest rapporte qu'un "représentant du M5S, joint par l’AFP, a indiqué que Luigi Di Maio tenait à réserver la primeur des informations sur le programme et le nom du chef du gouvernement au président Mattarella", de sorte que le nom du prochain Premier ministre italien ne devrait être connu que dans la journée. Le Monde rappelle que le président, "après plus de deux mois de discussions infructueuses entre les diverses forces politiques", "s’était prononcé en faveur d’un gouvernement neutre, censé représenter le pays et tenir ses engagements internationaux jusqu’à la fin de l’année". Cette option a été rejetée par la Ligue et le M5S, "qui ont obtenu un délai supplémentaire pour pousser leurs discussions en cours" et ainsi aboutir à un compromis [Le Monde].

Un chef du gouvernement "politique et non un technicien"

Selon les médias italiens, "le candidat pour diriger l'Italie devrait être une tierce personne n'appartenant ni à la Ligue ni au M5S" [Franceinfo]. Pour Le Point, le chef du gouvernement "devra faire autorité au plan international et être en mesure de rendre compatible avec Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif" italien.

Le Figaro rappelle que le "M5S, qui exècre Silvio Berlusconi", leader de Forza Italia et partenaire de la Ligue lors de la campagne électorale, a contraint Matteo Salvini à "exclure [le Cavaliere] de leurs négociations". Cette mise à l'écart était une condition non négociable pour le M5S. Au cas par cas, indique Le Monde, la nouvelle coalition gouvernementale devrait toutefois pouvoir bénéficier "d'une abstention bienveillante" au Parlement de la part de Forza Italia. Même si officiellement, Mariastella Gelmini, cheffe des députés de Forza Italia lors de la précédente législature, a annoncé que son parti "ne votera pas la confiance au gouvernement qui s'apprête à naître" : "nous ferons opposition et serons au Parlement la sentinelle des citoyens" [Le Figaro].

Difficile répartition des ministères

Pour Les Echos, "le mariage entre le M5S et la Ligue est un mariage de raison et non d'amour": "ils s'uniront évidemment sous le régime de la séparation des ministères pour préserver leurs intérêts".

Ainsi, le M5S arrivé en tête des législatives "s'octroierait les plus importants ministères à commencer par l'Economie pour mettre en œuvre sa promesse phare de revenu citoyen". La Justice devrait aussi être attribuée au M5S, "pour adopter des lois anticorruption et sur les conflits d'intérêt plus sévères" [Les Echos]. La Ligue obtiendrait quant à elle le "portefeuille de l'Intérieur, mais aussi celui du Développement économique, dont le domaine de compétences s'étend aux télécommunications". Pour le Corriere della Sera, quotidien italien repris par Sud-Ouest, "le dossier le plus sensible est sans doute celui de l'immigration" qui n'a pas encore fait l'objet de déclaration, sachant que "l'approche de la Ligue [est] plus musclée que celle du M5S".

Le Point explique que la Ligue et le M5S se seraient en outre accordés sur la nécessité de revenir sur une "réforme retardant progressivement l'âge de départ à la retraite", "actuellement fixé à 66 ans et sept mois, avant de passer à 67 ans en 2019". Un autre compromis aurait aussi été trouvé sur un report à 2019 du revenu de citoyenneté, "une idée forte du M5S", ainsi que sur une "reconfiguration de la flat tax voulue par la Ligue" : "ce taux d'imposition unique de 15% pour les Italiens" qui "pèserait trop lourdement sur les comptes publics" [Sud-Ouest].

En effet, selon Les Echos, "en dépit d'une dette publique pesant déjà près de 2 300 milliards d'euros, soit plus de 132% du PIB, le contrat de gouvernement multiplie les promesses avec légèreté". Sachant que le coût des trois principales réformes : "l'abolition de la réforme des retraites", "l'impôt sur le revenu à taux unique de 15%" et "un revenu citoyen d'environ 780 euros par mois", est déjà estimé "entre 60 et 70 milliards d'euros".