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Italie : la tentation de l'extrême droite / Réunion de l'Eurogroupe sur la Grèce et la BCE

Revue de presse 19.02.2018

Alors que les électeurs italiens sont appelés aux urnes dimanche 4 mars, la formation de Silvio Berlusconi Forza Italia (droite), alliée au parti europhobe de la Ligue du Nord, est pour l'heure annoncée en tête. Par ailleurs, une réunion de l'Eurogroupe est prévue aujourd'hui lundi 19 février afin de désigner le nouveau vice-président de la Banque centrale européenne et faire le point sur la situation grecque.

Silvio Berlusconi

L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi - Crédits : Parti Populaire européen

Italie : victoire annoncée pour la droite le 4 mars

En Italie, "plus de 51 millions [d'électeurs] sont appelés à renouveler leur Parlement" dimanche 4 mars [Le Temps, Suisse]. Selon les derniers sondages, "interdits durant les deux semaines précédant le vote", la victoire reviendrait à l'alliance passée par la formation de centre-droit Forza Italia avec la Ligue du Nord (extrême droite) et l'Alliance nationale (droite). D'après Le Monde, qui cite le quotidien italien Il Sole 24 Ore, cette alliance obtiendrait 35% des votes. Elle serait suivie de près par la formation populiste du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui recueillerait "près de 30 % des suffrages", relate Libération.

Forza Italia est dirigé par l'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, de "retour aux affaires" à 81 ans [Le Monde]. Alors que le "Cavaliere" est inéligible en raison de ses déboires judiciaires, ce dernier demeure incontournable en Italie, profitant du fait que sa formation est "fragilisée par les défections des dernières années", et que "l’on peine à discerner de nouveaux visages". Au contraire, la Ligue du Nord, son principal partenaire, a le vent en poupe. Menée par Matteo Salvini, la Ligue "s’impose chaque jour un peu plus comme la force montante du paysage politique italien". Et comme le résume Le Monde, "Forza Italia ne rassemble que 15% des suffrages, contre 14,7% à la Ligue du Nord".

Or d'après "l’accord signé le 18 janvier entre les trois composantes de la coalition, en cas de victoire (…), c’est à la formation arrivée en tête que reviendrait la responsabilité de former le gouvernement". Matteo Salvini pourrait donc ravir le poste de chef de gouvernement à M. Berlusconi s'il obtient "ne serait-ce [qu'une] voix" de plus [Le Monde].

La première place est également disputée par le Mouvement 5 étoiles, fondé par l'humoriste Beppe Grillo. Ce parti, dont le programme est "voté (…) en ligne par les citoyens", est actuellement dirigé par le Napolitain Luigi Di Maio [Libération]. Formation populiste, le M5S profite du "rejet des autres forces politiques", et serait plébiscité dans le Mezzogiorno (sud de l'Italie), où le niveau de vie est nettement moins élevé.

Le Temps rapporte que "certains médias s’inquiètent de 'l’envie d’ultra-droite' des électeurs, représentée par les intentions de vote grandissant pour Forza nuova, mais aussi pour CasaPound ou encore pour Fratelli d’Italia", trois petits partis qui pourraient obtenir des scores relativement élevés. C'est d'ailleurs peut-être la raison pour laquelle le parti de Silvio Berlusconi "flirte toujours plus avec l’extrême droite".

Le Parti démocrate (centre-gauche), actuellement au pouvoir, semble pour sa part distancé dans les intentions de vote.

Réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles

Par ailleurs, les 19 ministres des Finances de la zone euro se réunissent, lundi 19 février, à Bruxelles. Au programme de la rencontre : la préparation de "la sortie de la Grèce du programme d'ajustement", prévue pour cet été, et la nomination d'un nouveau vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) [Les Echos].

Qu'est-ce que l'Eurogroupe ?

Les ministres vont effectuer "la 'troisième revue' du programme grec", qui est une "série 'd'actions prioritaires' qu'Athènes est tenue de mettre en œuvre pour bénéficier de l'aide de ses créanciers". Comme l'explique Politico, ce qui est en jeu pour la Grèce est de savoir si une "sortie ordonnée de son troisième sauvetage international [est possible] quand il expirera le 20 août, ou si elle aura besoin (…) [d'un] filet de sécurité financier".

Autre grand enjeu de cette réunion de l'Eurogroupe : "la désignation du futur vice-président de la BCE, le mandat de huit ans du Portugais Vitor Constâncio arrivant à terme". Les deux candidats sont "le ministre des Finances espagnol Luis de Guindos et le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande" Philip Lane [El País, Espagne]. Selon le quotidien espagnol, M. de Guindos est favori pour obtenir le poste, même si M. Lane peut compter sur "l'appui de la Banque centrale européenne et du Parlement européen". L'Italie, qui n'aurait pas encore fait son choix, pourrait également "créer la surprise avec une manœuvre de dernière minute".

La Banque centrale européenne (BCE)