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Italie : la formation d'un gouvernement vire au casse-tête

Revue de presse 15.03.2018

Le 4 mars, lors des élections législatives italiennes, aucun parti ou alliance n'a atteint une majorité suffisante pour gouverner. Et pour l'heure, aucune majorité ne se dégage. Au risque de voir se profiler de nouvelles élections pour sortir de l'impasse. 

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De gauche à droite : Luigi Di Maio, dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Silvio Berlusconi, dirigeant de Forza Italia et Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue. Photos : profil Facebook Di Maio - profil Facebook Berlusconi - Salvini : Parlement européen / CC BY-NC-ND

Dix jours après les élections législatives italiennes du 4 mars, il est toujours impossible de prédire quelle forme prendra le futur gouvernement. De fait, le scrutin s'est soldé "sans qu'aucune coalition ne puisse revendiquer seule l'exercice du pouvoir" [Le Figaro].

Elections législatives en Italie : percée populiste et incertitude politique

Devenue la "première force politique italienne", le Mouvement 5 étoiles (MS5) dirigé par Luigi Di Maio "a récolté un tiers des suffrages" [L'Express]. La coalition formée par le parti de Silvio Berlusconi Forza Italia, la Ligue du Nord de Matteo Salvini et Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni est quant à elle "arrivée en tête (…), avec un score cumulé de 37% des voix", un score cependant en deçà de la majorité absolue [Challenges].

Or les dirigeants des différentes formations peinent à se mettre d'accord sur la formation d'une coalition. A cet égard, le journal italien Il Giornale constate que "plus les jours passent, plus le scénario se complique et se dirige vers une véritable impasse" [Courrier International].

L'extrême droite refuse toute alliance avec la gauche

Mercredi 14 mars, le chef de la Ligue du Nord (extrême droite), Matteo Salvini, a exclu "toute alliance avec le Parti démocrate, de centre gauche", actuellement au pouvoir et qui a récolté 19% des voix. "A l'exclusion du Parti démocrate, tout est possible" a déclaré M. Salvini. Une petite phrase, interprétée par l'AFP comme l'évocation d'une "éventuelle alliance avec le M5S" [La Croix]. Néanmoins, le journal belge Le Vif rapporte que cette alliance est vue comme "assez peu probable par les observateurs italiens". Pour ces derniers, Matteo Salvini n'aurait aucun intérêt à "entrer en position de faiblesse dans un éventuel gouvernement dirigé par Luigi Di Maio, tandis qu'il serait en position de force dans un éventuel gouvernement de droite".

Silvio Berlusconi "à contre-courant"

Silvio Berlusconi préconise quant à lui "tout l'inverse" de son allié d'extrême-droite : "un rapprochement avec le Parti démocrate, mais sûrement pas avec le M5S" [Courrier International]. Aux journalistes, le Cavaliere a en effet déclaré à propos du Mouvement 5 étoiles : "j'ai ouvert la porte pour mieux les chasser" [Le Vif]. D'après le sénateur Luigi Vitale, membre de Forza Italia, "Silvio Berlusconi veut convaincre ses alliés de la coalition de droite de tenter de former un gouvernement minoritaire mais qui bénéficierait du soutien au cas par cas du Parti démocrate" [Mediapart]. S'il a reconnu que les partis d'extrême droite étaient pour le moment opposés à cette idée, "il a assuré qu'il tentera de les convaincre sur l'utilité d'un appui" du parti de gauche [Le Vif].

Le M5S à la recherche d'appuis

Lundi 13 mars, Luigi Di Maio "a réaffirmé la position du M5S, refusant toute coalition gouvernementale mais appelant les autres forces politiques à lui fournir un appui depuis le Parlement" [Courrier International]. "Plutôt que de réclamer des postes ministériels", il demande ainsi aux autres formations "d'avancer des propositions" sur "différents thèmes" [Le Vif]. Pour le journal belge, il s'agit d'une "approche singulière, demandant en substance (…) de lui signer une sorte de chèque en blanc, en acceptant son programme et son gouvernement".

Vers de nouvelles élections

"Alors, on retourne aux urnes ?" s'interroge Courrier International. Comme le souligne le quotidien italien La Repubblica, cité par l'hebdomadaire français, c'est aujourd'hui "devenu une solution dont toutes les forces politiques parlent". Une position à laquelle La Stampa a réagi : "c'est vite dit". Il serait difficile en effet de convoquer de nouvelles élections avant l'année prochaine. "Impossible de voter" avant les mois d'été, compte tenu du "calendrier et le délai nécessaire pour convoquer des élections". Impossible également de voter pendant, puisque "les gens partent en vacances". Et à l'automne, "cela coïnciderait avec le vote du budget".

Néanmoins, le quotidien milanais Il Foglio, également cité par Courrier International, rappelle que "rien n'a véritablement commencé". L'entrée en fonction du Parlement n'aura lieu que le 23 mars, tandis que les "consultations du président de la République en vue de la formation d'une majorité (…) ne s'ouvriront que le 3 avril".

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