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Immigration : l'Espagne fait tomber un réseau d'esclavage et signe un accord avec l'Allemagne

Revue de presse 09.08.2018

Les médias français annoncent que la police espagnole, assistée d'Europol, a fait tomber fin juillet un réseau criminel qui acheminait en Europe des migrants africains à des fins d'esclavage. En parallèle, les gouvernements espagnol et allemand ont annoncé la signature, mercredi 8 août, d'un accord de retour des migrants enregistrés sur le sol ibérique.

Images de l'opération de la police espagnole avec Europol

Images de l'opération de la police espagnole avec Europol - Crédits : Europol

Chute d’un réseau d’esclavage

C’est une information révélée ce jeudi 9 aout par Europe 1 : "un vaste réseau d'esclavagisme moderne vient de tomber entre l'Espagne et la France". Le réseau opérait à la frontière française, dans le pays basque espagnol. "Au total, sept suspects ont été arrêtés lors d'un coup de filet mené principalement dans la région de Saint-Sébastien, au nord de l'Espagne".

L’information est reprise par d’autres médias, comme Le Parisien. Le journal décrit "la logique criminelle" de ce vaste réseau démantelé fin juillet entre l'Espagne et la France, parlant d’une "traite des êtres humains pensée comme une agence de voyages".

Les migrants étaient originaires "du Mali, du Sénégal, de Côte d'Ivoire ou de Guinée" [Europe 1]. Dans une mécanique bien huilée, "les trafiquants leur fournissaient de faux papiers, organisaient leur transfert jusqu'en Espagne par de petits bateaux". La suite s’apparente à de l’esclavage : "l’Espagne était en quelque sorte la dernière ‘gare de triage’ de ces candidats à l’exil avant leur passage en France". Les migrants étaient, à partir de là, "employés clandestinement ou pris en main par d’autres réseaux spécialisés dans la mendicité" [Le Parisien].

Jose Nieto Barroso, l’inspecteur en chef chargé du renseignement et de l’analyse des risques au sein de l'unité centrale de lutte contre l'immigration illégale, précise la finalité d’un tel trafic au micro d’Europe 1 : "il y a des gens en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, qui vont acheter quatre, cinq, sept personnes africaines et ils les envoient devant les portes des églises, des supermarchés pour mendier ou bien ils les font travailler dans des écuries".

"En cours d'évaluation, le montant de ce trafic d'êtres humains pourrait avoir rapporté des centaines de milliers d'euros selon les premières estimations des enquêteurs", rapporte l’Express.

L’Espagne et l’Allemagne trouvent un accord de retour

Quelques heures avant ces révélations de la presse française, la porte-parole du ministère de l'Intérieur allemand Eleonore Petermann a annoncé la signature d'un accord de retour de migrants entre l'Espagne et l'Allemagne. Madrid s'est ainsi engagée "à reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés sur son sol", indique Europe 1. "Les migrants pourront être renvoyés en Espagne dans un délai de 48 heures", a précisé Mme Petermann. De son côté, l’Espagne n’a demandé "aucune contrepartie".

Cet accord, signé le lundi 6 août, serait "le premier du genre entre deux pays de l'Union européenne" [Challenges]. Selon les termes d’un porte-parole du gouvernement espagnol "cette mesure faisait partie d'un accord conclu lors du Conseil européen consacré à la question migratoire en juin".

Europe 1 rappelle que si "le gouvernement allemand avait déjà indiqué à la fin juin que l'Espagne avait donné son accord de principe, de même que la Grèce", le cas de l’Italie est plus compliqué pour la signature d’un accord de ce type. Le gouvernement italien, qui inclut des membres de la Ligue (extrême droite), "s'est jusqu'à présent déclaré réticent, réclamant d'abord un renforcement du contrôle des frontières extérieures de l'UE avant tout accord sur les migrants déjà présents sur le territoire européen".

Pour l’Allemagne, ces accords sont une manière de maintenir l’unité de l’alliance au pouvoir derrière Angela Merkel. Challenges rappelle que "la question migratoire avait failli provoquer la chute de la coalition gouvernementale conduite par Angela Merkel" entre les mois de juin et juillet derniers. En effet, le journal souligne que "la CSU bavaroise du ministre de l'Intérieur Horst Seehofer avait demandé le renvoi de certains migrants se trouvant sur le sol allemand et avait imposé une politique migratoire plus restrictive aux conservateurs de la CDU".